Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 16:48

        En France, ils ne peuvent rien me faire. Elle me dit de ne pas m’inquiéter et repart vers le bureau. Je vais à l’agence Qatar Airway changer mon billet d’avion. Il sera pour le 24 octobre, la nuit. C’est parfait. Je pourrai m’occuper du groupe de 2 personnes qui arrive le 23 pour le Tour du Manaslu. C’est midi et je repars rencontrer l’équipe de résidents français au restaurant de Thamel. Je dis à C.S que j’ai mon billet pour le 24 à 21h. Il me répond que j’ai bien fait, rester aurait été nocif pour ma santé. Dans l’après midi, je passe pour la dernière fois au bureau. La secrétaire y est. Je récupère le matériel qui m’appartient, les 3 tentes achetées en France, 3 sacs de couchage neufs, une quinzaine de fourrures polaires neuves que j’avais aussi amenées de France. J’en donne une à la secrétaire ainsi qu’à un jeune porteur qui vient d’arriver. Je décroche avec un pincement au cœur les rideaux orange que j’avais rapporté de France également et enlève les posters de montagne de leur cadre. 7 ans de travail qui foutent le camp, tout détruit par la cupidité et la malhonnêteté. Tous les projets qui disparaissent, le rêve de ma vie qui s’évanouit. Je serre la main du jeune porteur qui me sourit puis à la secrétaire. Je lui répète de ne pas me défendre, de laisser dire, de tout approuver. Je jette un dernier coup d’œil à ce bureau illégal aux murs maintenant vides. Je descends l’escalier et, dans la rue, j’appelle un taxi Maruti. Avec un sentiment de tristesse, de gâchis, le taxi me ramène avec le matériel vers la maison.

 

J’envoie un courriel à M.S, mon amie trekkeuse de Vallorcine, qui arrive le 27 pour un Tour du Manaslu avec 4 autres personnes que je connais un peu moins pour lui expliquer ce qui se passe, que je ne serai plus au Népal. Je lui écris que tout est organisé. La secrétaire est au courant. Je lui explique que j’ai informé aussi une autre agence et qu’en cas de problème, elle les prendra en charge. C.B, directrice de l’autre agence, sera aussi à l’hôtel pour les recevoir. J’ai fait mon maximum pour trouver en urgence une solution qui ne pénalisera pas leur séjour. Je suis totalement épuisé. J’envoie également un email au consulat pour lui dire que je quitte le Népal le 24 au soir et je prends un rendez-vous avec l’Ambassadeur pour le lendemain.

 

Il est 16h30 et je commence à préparer mes affaires pour la France puis vers les 19h, je me prépare un plat de spaghettis insipides. Je regagne l’hôtel Tibet un peu avant 20h où la secrétaire m’attend pour le dernier groupe que j’accueillerai. Elle me dit qu’il y a un problème, que l’hôtel pourtant réservé et confirmé n’a plus de place et qu’ils ont transféré la réservation sur l’hôtel Manaslu voisin. Un dernier clin d’œil du pays. Le guide qui est à l’aéroport est avisé et nous allons attendre les personnes dans l’autre hôtel. L’avion a 2 h de retard et les personnes n’arriveront que vers les 23h. Durant cette attente, je parle de mes inquiétudes à la secrétaire, de l’avenir. J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi serein. Un rien l’a fait rire même les situations les plus sombres. Les 2 personnes arrivent vers les 23h comme prévu. Je les accueille devant un verre, leur fais le briefing, leur explique le trekking. Ils paient leur Tour du Manaslu que la secrétaire encaisse. Je leur dis que je ne serai pas là à leur retour. Il est déjà tard et fatigué, ils vont se coucher. Le guide et la secrétaire seront à l’hôtel demain matin pour les derniers préparatifs. Je rentre à la maison vers les minuits et me remets devant l’ordinateur. J’ouvre le fichier clients pour en extraire mes contacts. J’en connais la plupart et pour les autres, je vérifierai. Je ne tiens pas à les voler même si j’ai l’intime conviction qu’ils, dans la situation inverse, auraient pris moins de précautions. Je ne leur laisserai pas les fruits de mon travail, pas dans les conditions qu’ils ont décidées et les  méthodes qu’ils pratiquent. Je sors entre 250 et 300 adresses du listing, celles que je connais, celles avec qui j’ai discuté, informé, organisé et les mets dans un autre fichier. Je referme celui de l’agence, tenté un moment de changer le mot de passe. Mais je n’en ferai rien. De toute manière, je suis presque sûr que D.S a un double du fichier. Je me couche vers les 4h du matin.

 

Je suis debout vers les 5h comme tous les matins. La ville se réveille et les premiers signes de vie se font entendre. Aucun email. Je me mets tout de suite dans les bagages, range la maison. A 8h, je vais à l’étage voir les propriétaires et payer la location pour 3 mois. Je ne sais pas quand je reviendrai. Je prends une douche pour me détendre, bois un thé, puis en moto, me dirige vers l’ambassade. Je rencontre la vice consul dans la salle d’attente de l’ambassade. Elle me demande si je vais mieux. Je lui réponds que oui, que je rentre en France ce soir et que je viens rencontrer Monsieur l’Ambassadeur. Je rends au policier la radio que j’avais en tant que responsable d’îlot. Il me demande si j’ai pu trouver un vol, je lui réponds que je pars à 21h. Monsieur l’Ambassadeur me reçoit dans son bureau, me met à l’aise avec un thé et la conversation s’engage. Je lui parle de mon vécu ici depuis 10 ans, du Népal, de la France, de ce que j’ai fait, de ma profession et puis de ces derniers mois. Il m’écoute attentif, me pose des questions. Je dois lui faire un compte rendu de toute l’affaire. Je n’ai pas le temps maintenant, je lui enverrai par email. Il me tend sa carte et me souhaite bonne chance. Je serre la main à la vice consul ainsi qu’au policier et quitte l’ambassade. Je rejoins C.S et sa femme au petit restaurant de Thamel. Il y a beaucoup d’autres personnes avec eux, des Français, des Népalais. Ca me fait plaisir de les retrouver et pour ce dernier repas au Népal, je prendrai un dal bhat. Cette ambiance, les odeurs, la musique, ça me manque déjà. Je regarde le jardin, les murs tordus de la maison bancale, le gamin souriant penché sur un balcon, d’autres qui jouent et crient dans la cours voisine. Le petit bassin où l’eau sale ne laisse même pas voir les poissons qui l’habitent. Je respire profondément cette atmosphère, celle qui m’a portée et tenue pendant 10 ans. Je ne compose plus la suite, je la subis. La saison des trekkings n’est pas terminé et mes inquiétudes non plus. Le dal bhat était excellent. Ce petit restaurant demanderait à être plus connu. Je salue tout le monde et regagne la maison pour les derniers préparatifs. U.M, la secrétaire, me téléphone, pour me dire qu’une voiture viendra me prendre vers les 18h30. Elle y a pensé. Je la remercie, lui dit de faire attention pour la suite. Je téléphone à T.K, l’avocat, il me souhaite bon voyage et me dit que tout se passera bien. J’aimerais avoir leur sérénité. Un coup de fil à C.B, de l’autre agence, qui me souhaite aussi un bon voyage. Je rejoins l’aéroport, passe les divers contrôles ; Midnight Express ne se rejouera pas. L’avion quitte le sol népalais, demain ce sera la France.

 

Douce France

 

          Le vol s’est passé éveillé à regarder des films qui ne s’impriment pas, mangés par la réflexion et l’inquiétude. Je pose les pieds en France et ce mois d’octobre résonne comme un printemps. La tension retombe peu à peu au contact de l’occident mais l’inquiétude reste. Je n’arrive pas à savoir comment ils vont chercher à m’atteindre maintenant. Je regagne la gare TGV et direction le sud, la famille, la vie…

 

Je me prends une douche pour m’ôter les restes du voyage. Le miroir me renvoie l’image d’une grande fatigue et la balance marque 8 kg en moins. Combien de temps aurais-je pu tenir sans tomber totalement ? Je n’en sais absolument rien. Le corps résiste, mais la tête, sous la pression ? Je me rends compte alors de la pertinence du choix de rentrer pour me protéger moralement et physiquement. J’ai des contacts au Népal et je peux les atteindre rapidement. La nuit est calme mais sans sommeil. Le décalage horaire doit faire effet. Les jours qui passent sont beaucoup moins tendus. Je reçois un courriel de M.S que je devais accompagner sur le tour du Manaslu. Elle me dit qu’elle est bien arrivée avec ses amis, qu’elle a rencontré les 2 Pyrénéens. Les Alpins et les Pyrénéens réunis, mon monde que j’aurais dû guider sur ce circuit. C.B et U.M, la secrétaire, étaient à l’hôtel et ont fait connaissance. Le groupe est homogène. Ils partent demain vers le Tour du Manaslu. La secrétaire a pu récupérer le coût du séjour. Je reçois un email de C.B qui me dit que tout est bon, elle n’a pas vu les 2 frères à l’hôtel. Je souffle un peu. Il ne s’est rien passé. L’avocat me dit que les négociations pour fermer l’agence seront difficiles. Il sera obligé de faire des concessions sinon la fermeture ne se fera pas. Je devrais payer les frais. Il fera pour le mieux. D.S est entré de trekking mais il s’occupe de son groupe encore sur Katmandou. Il doit le rencontrer.

 

 

manaslu et lungta

Le manaslu depuis Pungyen Gompa 

 

     

Je reçois un email de D.S qui me dit que j’ai volé 900 adresses du fichier. Je transfère le courriel à l’avocat qui me dit de ne pas y répondre. Ca continue. Il est extrêmement difficile d’encaisser sans arrêt des coups, de recevoir toutes ces attaques infondées sans ne pourvoir rien dire et rien faire. Attendre patiemment, leurs paroles, leurs écrits, leurs actes jouant contre eux. Un travail d’endurance mais le moral est vacillant. Attendre entretient le doute si bien que je ne perçois plus le vrai du mensonge. Les questions restent sans réponses. Continuer, laisser tomber, se battre, tout arrêter. Ne pas abandonner mais pourquoi ? Oui, pourquoi ? J’ai de plus en plus l’impression de ne plus être dans une réalité tant les mensonges bétonnent leur dire. Quelque chose que je n’arrive pas à concevoir, hors de toute logique. Se battre contre la calomnie, les insultes, se battre pour rester dans une réalité, pour ne pas se perdre. Cette difficulté pour rester lucide me semble plus grande que l’effort pour gravir un 6000 m. En montagne, je connais, mais se battre contre ses propres impressions, cela peut paraître surréaliste. Se battre contre le dehors, contre le dedans dans lequel fuit toute logique. Se battre? Non, prendre des coups et ne rien rendre. Mais j’ai délégué à l’avocat pour rester dans la légalité et ne pas faire d’erreur. Il gère, fait son travail, je suis ses conseils. Ils doivent se faire plaisir, tout leur est permis.

 

Les jours passent plus tranquilles. Plus besoin de me blinder le dos pour aller marcher. Je retrouve l’appétit, reprend le sport, la course à pied, le vélo, tout doucement pour évacuer. La famille est maintenant autour et R.T peut discuter technique avec l’avocat en népalais via Skype. Ca passe mieux, c’est plus facile entre eux. Après, elle me traduit. D’un autre côté, je n’ai plus le contact direct. Ce qui se passe sur place, n’est que rapporté, interprété puis encore traduit. Je le vis maintenant par webcam interposée et en népali dans le texte. La compréhension est difficile, je ne capte que des bribes. J’ai l’impression que ça m’échappe. Les traductions de R.T sur les démarches faites ou à faire ne sont pas aussi précises que je le souhaiterais. Je m’énerve contre moi de ne pas comprendre, d’être impuissant, de subir là également. Je sais qu’elle fait au mieux mais je suis maintenant étranger à la situation. Je lui dis de lui dire de fermer absolument l’agence. Je veux en finir. Etre enfin tranquille. Peu importe. Qu’il ferme. Coûte que coûte.

 

Ce matin, c’est ma mère (79 ans) m’hébergeant après ce retour en urgence qui est réveillée par un coup de téléphone du Népal à 5h30 du matin. Elle les remet en place mais le mal est fait. Les 2 frères mettent à nouveau la pression, constamment. Plus de respect, tout leur est dû et acquis pour arriver à leurs fins. Résister.

 

Un groupe de 4 personnes doit ou sont déjà arrivé à Katmandou. Ils partent pour un Tour des Annapurna. Je suis inquiet, pour chaque personne ou groupe qui arrive ou part. Ne plus être sur place, travailler par délégation, je ne le sens pas. Je ne maîtrise pas les réponses aux questions qu’ils doivent poser lors du briefing. Est-ce que la secrétaire fait ce que je lui ai expliqué. S’en sort-elle bien? Elle ne connaît pas la montagne. Et puis, ils sont tous les 2 à Katmandou. Qu’est ce qu’ils font? J’attends puisque je ne peux faire que cela, j’attends "Le" contact quotidien en début d’après midi en France, j’attends ce contact avec l’avocat qui apporte les nouvelles. Il me demande si ça va. Mais comment ça pourrait aller ! Il dit que ça avance, doucement et m’explique aussi qu’ils mettent la pression sur la secrétaire. Que N.S était avec elle à l’hôtel pour l’arrivée du dernier groupe mais qu’il ne sait pas ce qu’il s’est passé. Il essaiera de savoir. Je laisse la conversation à R.T pour les détails techniques de la procédure de fermeture qui continue.

 

Je me pose des questions sur la présence de N.S à l’hôtel avec les trekkeurs. Il est capable de tout mais surtout de n’importe quoi.    

 

Quelque temps après, je reçois un email d’un guide que j’appréciais dans son travail. Il me demande ce que font les personnes après leur le Tour du Dhaulagiri. Je le sais bien, il est évidemment commandité par les 2 frères. Qu’est ce que lui en a à faire du groupe Dhaulagiri ? Je lui réponds que les trekkeurs finssent leur séjour à Dana, à l’arrivée de leur deuxième circuit au camp de base nord de l’Annapurna. Après, l’équipe encadrante revient seule et le groupe continue à marcher sans notre service. C’est ce qui est prévu sur le devis, ce que le groupe a demandé. Les personnes devraient peut-être aller à Pokhara après et je n’en sais pas plus. Ils n’ont rien demandé après Dana. Pour l’agence, leur séjour s’arrête à Dana. Pourquoi est ce que les 2 veulent savoir ? Tout est marqué sur le devis/programme. Je ne peux pas inventer.

 

 

avant-le-CB-Dhaulagiri.jpg

 Avant le Camp de Base du Dhaulagiri

 

     

Les jours passent. Sans autre nouvelle que les contacts quasi quotidien avec l’avocat qui poursuit les négociations. Je reçois un courriel de C.B, directrice de l’autre agence, à qui j’ai fait appel. Elle m’indique que le groupe de mes amis qui était sur le Manaslu est revenu à Katmandou. Je lis qu’elle s’est mise en retrait à l’hôtel à leur arrivée puisque D.S y était aussi  avec la secrétaire. Elle m’écrit qu’il leur a demandé de faire un papier en notant les sommes qu’ils avaient remises. Les trekkeurs ne m’ont pas remis de somme puisque je n’étais plus sur Katmandou au briefing d’arrivée. Puis il explique que ces sommes n’ont jamais été déposées à l’agence, que je les ai gardées. En précisant que je suis parti avec. Il a demandé à la secrétaire de confirmer, ce qu’elle fait. Elle est mal à l’aise mais c’est bien, elle fait ce que je lui ai dit de faire : ne pas me protéger. Je comprends mieux le pourquoi de l’insistance à savoir quand les groupes entrent de trekking. Ils me "cassent" auprès des personnes auxquelles j’ai organisé le séjour. Je suis le voleur qui est parti avec l’argent. C’est d’une logique implacable. Ca doit se tenir dans leur raisonnement. Ils font de leurs mensonges des certitudes qu’ils servent aux trekkeurs. Quel aurait été mon intérêt à agir ainsi ? A partir avec la caisse, j’aurais certainement attendu la fin de la saison. De plus, ce geste contraire à ma morale aurait détruit tous mes principes et condamné mes investissements dans ce pays. Mais cela, les personnes les écoutant ne le savent pas. Leurs explications à l’unisson ne sont contrariées par aucun autre commentaire. Je pense que leur discours diffamant a été tenu à toutes les personnes arrivant et partant. C’est tellement gros. Y ont-elles cru? Je reçois un email de M.S me disant que tout c’est bien passé, le trekking a été magnifique, le groupe était parfait. Il y avait une bonne ambiance. Elle me confirme également ce que me disait quelques jours plus tôt C.B. Elle m’a mis en pièce jointe les documents que D.S leur a donnés. Elle m’explique qu’elle ne s’est pas fait prendre par leurs dénigrements. Le groupe a refusé les commentaires servis au retour de leur trekking et aussi le restaurant de fin de séjours avec les 2 frères. M.S leur a répondu que son discours était illogique et faux. D.S a quitté l’hôtel. La secrétaire est restée. Le groupe ne reverra plus D.S et il partira en visite des sites culturels avec C.B.

 

Je me remémore l’arrivée des groupes et des personnes, j’essaie de comprendre le "comment", le "où". J’ai dû mal à réfléchir. Il me semble que je suis vide. La tête fourmille de vide. Je n’attrape pas de fil logique qui puisse me guider dans la réflexion. C’est un concours de circonstances et en discutant avec R.T qui me ramène à ce qui a dû se produire. Je n’en suis pas certain, je ne suis plus certain de rien mais ça se peut. Lors des arrivées et du paiement, je n’ai pas remis de facture aux trekkeurs. Je n’avais pas de facturier pour la raison que le carnet était au bureau et que je n’y mettais plus les pieds. Pris par les pressions exercées, j’ai totalement oublié de demander à la secrétaire de l’apporter. Sans ces factures et les souches, le fait de n’avoir pas été payé et encaissé devient possible. Je ne vois là que la seule explication possible à ces papiers qu’ils font remplir aux personnes. C’est totalement mensonger. Toutes les sommes encaissées, les acomptes reçus en France et lorsque j’étais sur Katmandou, ont été données directement à la secrétaire qui les apportaient à la banque ou bien en faisait le change en roupies pour les distribuer, suivant le tableau de calcul, aux différents prestataires. Cela a toujours été fait ainsi. Pour les autres, je n’étais même pas au Népal pour recevoir ces sommes. De plus, si j’étais parti avec tout l’argent encaissé, aucun des trekkeurs n’aurait pu aller en montagne et je suis sûr que les 2 frères n’auraient pas donné une roupie pour leur permettre de poursuivre leur séjour. Est ce que les trekkeurs bercés par l’exotisme et la réussite de leur projet peuvent raisonner ainsi? L’avocat me demande de détailler tous les calculs de chaque trekking que j’ai organisé. J’ai les fichiers du tableur et il m’est facile de lui en donner les détails qui sont bien évidemment confirmés par les faits. Ils mentent sans arrêt. T.K, l’avocat, leur a demandé les devis et le calcul de leurs groupes. Ils lui ont répondu qu’ils n’avaient organisé que pour des amis et pour leur famille. Je lui explique que c’est encore un mensonge. Qu’avant de partir, j’ai rencontré à l’hôtel un trekkeur que D.S avait accompagné qui n’était nullement de leur famille ou un ami. Il avait payé le coût de son trekking comme un client, comme tous les autres. Mais l’avocat ne peut rien faire pour démontrer qu’il n’y a aucun lien familial ou amical, qu’ils étaient justes des clients et connaître les sommes encaissées. Pour les négociations, l’avocat me demande de fermer le site internet. Il me dit de ne pas me faire du souci. Du souci, bien sûr que je me fais du souci. Pourquoi me battre pour protéger mon travail si je dois le fermer? J’envoie un email au fournisseur d’accès et le site n’est plus en ligne. Je demande également au fournisseur d’accès de protéger 2 autres noms de domaine au cas où. T.K, l’avocat, me dit aussi qu’il y a eu des impayés au niveau des taxes administratives depuis plusieurs années et avec les pénalités de retard, il y en a pour plus de 90 000 roupies (900 €). C’était pourtant le travail de N.S de les acquitter mais, il ne l’a pas fait. Il ne veut pas participer à leur paiement. L’avocat va essayer de négocier. Toujours négocier et encore négocier…

 

Il est vers les 13h30 quand le téléphone sonne. Ma mère y répond. C’est V.G, la femme de D.S qui téléphone depuis Paris. Je suis surpris de cet appel et mon état moral ne me permet pas trop d’en comprendre le sens. Mais bon, c’est fait et elle me parle. Avec l’effet de surprise, je n’ai pas l’esprit d’enregistrer la conversation. Je m’en tiendrai donc à l’écouter. J’ai de l’estime pour elle et je me demande ce qu’elle me veut. Elle est calme et sa voix est sure quand elle me dit que je n’aime pas le Népal. Ca y est c’est reparti. Je laisse parler, je n’ai plus rien de spécial à lui dire. Je me déconnecte totalement de ce qu’elle me raconte. Seuls quelques mots émergent du brouillard de mes pensées. Je ne suis plus ses paroles. Je réponds par oui, non ou très vaguement. Je ne vais pas lui dire que l’avocat peut avoir les codes du site s’il me les demande, la pression serait d’autant plus importante. Bien sûr, je suis le salop de service et son mari un ange. Elle le défend et ça se comprend, n’importe qui ferait de même. Son discours suit parfaitement ce qu’on lui a dicté ou se qu’elle a entendu. Elle me sort ses "vérités" que seul D.S a pu dire, le vol d’argent, du site, sans les avoir vérifier. Psittacisme. Elle me dit des mots qui éclairent le gris de la conversation : "Comme peux tu imaginer que D.S puisse faire cela ?", en répondant à ma peur d’une agression dont j’aurais pu être victime à Katmandou. Il est l’agneau, je suis le loup. Je n’ai pas besoin de l’imaginer, je le vis. J’entends comme un écho me dire que D.S ne lâchera jamais. Je le sais, il ne tient pas à perdre la face. Nous nous quittons poliment. J’ai pu me contenir et je ressens un gros énervement de n’avoir pas pu me défendre des qualificatifs qu’elle m’a gratifiés. Elle a raccroché le téléphone sur ses croyances.

 

Je reçois un email de N.S qui me dit que je n’aurais pas dû envoyer des trekkeurs avec une autre agence. Il n’a pas apprécié. Les trekkeurs n’avaient pas envoyé d’acompte, il n’y avait aucune raison qu’ils subissent leur tour un discours diffamant. Le séjour des 2 personnes sur le Tour des Annapurna s’est bien déroulé. Ils sont repartis en France content, ça m’est suffisant. N.S va porter plainte contre moi pour vol de groupe de trekking. Il vient de créer un nouveau délit. Cela devient une habitude. Je garde une copie du courriel que j’archive pour l’avocat puis je coche, un clic et l’email disparaît...

 

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article
27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 08:44

               En ce milieu d’après midi de fin septembre, je retourne au bureau apporter les dernières informations avant d’aller à l’hôtel vérifier les confirmations pour les jours suivants. Des guides sont là à discuter entre eux en buvant un thé. D.S arrive est s’installe parmi eux. Pas un mot de son côté, ni du mien. Il parle avec les guides, téléphone, continue à discuter. Je ne comprends pas ce qui se dit, mon népalais n’étant pas assez performant pour suivre une conversation entre eux. Les regards furtifs que me jettent certains guides me signalent qu’ils doivent aussi parler de moi. Je continue mon travail sans y faire attention. Le groupe sort et j’interpelle D.S pour savoir ce qu’il compte faire. Je lui dis que je lui laisse l’agence. La première chose qu’il me demande est les codes du site internet. Moment de silence, de réflexion. Il est hors de question que je lui laisse mes 7 ans de travail à l’agence alors qu’il n’y a jamais touché. Pourquoi devrais-je lui donner ? Pourquoi serait-il plus à lui qu’à moi ? Trop facile. Il n’y a jamais travaillé, je paie depuis plus de 3 ans l’hébergement en France. Se prend-il pour l’agence à lui tout seul pour qu’il les récupère. S’il veut l’agence, la partie népalaise, qu’il l’a prenne. Le site est en France, il ne porte même pas le nom de l’agence, il est hors de question de changer de serveur dans ces conditions. Le visage de D.S se décompose, vire au rouge. Je ne lui ai jamais rien refusé mais je ne le lui donnerai pas. Pendant plus d’une heure, dans le bureau, devant la secrétaire qui ne bouge plus, il me traitera de voleur et de beaucoup d’autre chose. Je suis comme anesthésié, ses paroles rebondissent comme d’un lointain échos. Peut-être me lance-t-il des menaces ? Je n’entends plus rien de ce qu’il me dit, je suis déconnecté de sa réalité. Il n’y a que le site qui l’intéresse et tout le travail effectué dessus. Sans le site, il ne veut pas de l’agence. Et bien, il n’en veut pas, elle sera fermée. Je ne veux plus associer mon nom à cette création et au fonctionnement hasardeux, trompeur, illégal et surréaliste de cette agence. Je quitte le bureau et me rend à l’hôtel pour diverses vérifications avant de nouvelles arrivées. 

 

Arrivé à l’hôtel, quelqu’un m’appelle. Un trekkeur haut savoyard à qui j’avais organisé un circuit il y a 2 ans, arrive d’un trekking D.S. Il attend à l’hôtel avant de repartir en France dans la soirée. Me voyant un peu tendu, il me demande. Je lui parle de la situation de l’agence.

 

D.S est reparti accompagner un groupe, je n’aurai plus de nouvelles durant quelques jours. Un peu de calme. Je retourne à l’hôtel accueillir les arrivants. Ils sont six et viennent envoyés par une connaissance de Chamonix. L’avion a du retard et j’attends dans un coin du hall de l’hôtel. Dans le silence du hall désert en ce milieu d’après midi, mes pensées essaient de faire un tri dans les événements. Elles s’emballent, ramenant des questions, les images passées de l’agence, du travail effectué, du temps consacré. Elles se mélangent à l’actualité et ne se projettent dans un plus rien. J’aurais pu le prévoir, j’aurais pu. Des alertes s’étaient allumées mais je les ai ignorées. Je ressens dans la tête un fourmillement, une impression d’urgence, d’accélération, de vertige. Une sensation d’oppression m’envahit. J’aperçois N.S dans le hall, il se dirige vers moi, s’installe en face et me parle. Il me demande comment je vais. Je lui réponds à minima. Sa voix est calme, la mienne aussi. Puis il continue avec les codes du site qu’il veut. Je refuse de lui donner. Il reprend pendant une vingtaine de minutes les arguments de son frère qu’il rallonge de menaces à peine voilés. Il repart comme il était venu juste avant que les trekkeurs arrivent. Je téléphone à la secrétaire qui me rejoint pour les accueillir. Je me sens calme, juste préoccupé. A leur accent je sais qu’ils viennent du sud. Je leur parle des Pyrénées, des Alpes. Je les briefe, réponds à leurs questions, leur donne les conseils, encaisse le coût du séjour que je donne à la secrétaire. Je leur montre où ils peuvent faire le change avec l’argent. Ils partent sur un Tour des Annapurna et reviendront dans une quinzaine de jours. Je retourne à mon domicile.

 

Toutes ces paroles me poursuivent et mettent dans un état de réflexion intense. Seul, dans la maison, les murs ne me renvoient qu’un silence bétonné. Que dois-je faire ? Je suis un occidental dans un pays tellement complexe, paradoxal, impénétrable, avec une autre logique. Je ne parle pas la langue. Tout va devenir compliqué, embrouillé. Je suis dans l’urgence et l’esprit y répond. Comme étranger, je sais que je n’ai aucun droit et que tout Népalais sera obligatoirement contre moi. A l’agence, je ne peux compter sur aucun guide. Je suis l’étranger. Même après 10 ans, leurs comportements me sont ésotériques. Dans cette ville, la violence est très présente, sournoise, visible, partout, et avec ces menaces je ne me sens pas en sécurité. J’avais lu dans un journal, il y a quelques temps, qu’on pouvait faire tuer quelqu’un pour moins de 2000€. L’imagination fait tout le reste. Tout est possible. Un accident à pied, à moto, est vite arrivé. Menace réelle, imaginée ? Je n’ai absolument pas envie de l’expérimenter. Le téléphone sonne, c’est N.S. Je ne décroche pas. Il sonnera plusieurs fois jusqu’à 1h30. Je n’ai pas dormi de la nuit et ce matin devant l’ordinateur, une vague me submerge qu’alimente le ressac des pensées. L’oppression est intense, m’empêche de respirer. Impossible de me contrôler. Je manque d’air. J’essaie de me calmer. Je respire amplement. Les spasmes s’atténuent. Je bois un thé. J’attends 8h pour téléphoner à C.S, un ami français. Il vient immédiatement dès qu’il trouve un bus. Quand il arrive, je suis à peu près calmé. Je lui explique la situation. Il me dit qu’il y a certainement une grosse part d’imagination. Mais je ne peux pas la contrôler. Je lui demande s’il connaît un avocat car les lois népalaises me sont impénétrables et je ne me sens pas capable de me lancer seul dans une procédure. Il téléphone et l’avocat lui dit qu’il passera en fin de matinée. Quand l’avocat arrive, je suis revenu à un état quasi normal. L’air est revenu et les spasmes totalement terminés. L’avocat T.K me questionne, je lui réponds, lui explique toute la situation. Il me dit qu’il faut qu’il trouve des irrégularités dans l’agence, ce qui facilitera d’autant plus la fermeture. Je lui parle de l’adresse illégale. L’avocat repart et reviendra cet après midi. Je téléphone à la secrétaire pour qu’elle vienne à la maison. Je lui explique que je ne suis pas bien et ne retournerai pas au bureau apporter mon travail. Je ne suis pas en sécurité. Je lui téléphonerai si j’ai besoin de renseignement et lorsque je ferai à l’hôtel les briefings aux arrivants. J’ai tous les dossiers des groupes et personnes que j’ai organisés dans l’ordinateur, elle les a déjà au bureau. J’envisage l’avenir à très court terme. Pour la comptabilité, je lui explique que j’ai calculé mes marges faites à minima. Je les ai divisées en trois. Je laisse deux parties, une pour la gestion de l’agence et la part des associés, comme nous faisions auparavant. J’en ai parlé à R.T qui m’a dit que ce n’est pas assez au nombre d’arrivants cette année. Je récupère ainsi un peu de ce qui me revient. Ca tourne autour de 1700 € pour un total d’une soixantaine de personnes. Je sais que je perds beaucoup avec ce calcul, plus de 2000 € mais peu importe. Je signe trois chèques à la secrétaire pour qu’elle ne soit pas prise au dépourvu quand elle devra récupérer les sommes à distribuer aux prestataires pour les prochains trekkings. Il doit rester 5 ou 6 groupes. Je sais le risque que je prends mais si je ne le fais pas, les trekkeurs ne pourront pas partir. Elle me dit que N.S n’est pas au bureau aujourd’hui. C’est certainement pour cela que je n’ai pas eu de coup de téléphone. J’imagine qu’il est avec un groupe de l’autre agence. C’est parfait car ça me laissera le temps de fouiller avec l’avocat.

 

Avec C.S, nous allons manger dans un petit restaurant de Thamel. Il est dans une petite ruelle à l’écart et je ne risque pas de mauvaise rencontre. Je n’ai pas vraiment faim mais j’y vais. L’avocat me rejoindra pour aller sur l’agence. Sans faim, le repas est insipide et les pensées toujours fusantes. Je ne parviens pas à m’en détacher.

 

C.S est reparti sur son chantier de décoration et avec l’avocat, nous nous rendons au bureau. Il sait ce qu’il cherche, la fraude à l’adresse. Tous les documents ont disparu. Les cadres attestant l’agence sont sur le mur mais les cadres sont vides. En l’absence de ces documents, il cherche dans les statuts de l’agence, la comptabilité. Il s’arrête sur le dernier état de compte de 2010. Il me montre que cet état a été signé par les 2 associés. Ca me semble assez cocasse. Mais si la signature de N.S est bien reconnaissable, celle de R.T n’est pas la bonne. Je lui dis qu’elle est en France et qu’elle ne peut pas avoir signé ce document comptable officiel. D’ailleurs la signature n’est pas la sienne. Il va faire des photocopies du document comptable pour qu’il puisse l’éplucher. C’est fou, comment N.S peut impliquer son associé sans consentement dans ces combines frauduleuses. Pas la moindre moralité. Irresponsable. Si l’administration y tombe dessus, R.T ignorante de toutes ces magouilles, sera également compromise. Nous faisons une partie du chemin de retour ensemble. Je lui parle de la pression qu’ils me mettent pour récupérer le site internet. Je lui dis très clairement que ce site n’est pas à moi, ni à D.S, qu’il appartient à l’agence, que je ne suis pas l’agence, qu’il n’est pas l’agence, que je ne leur donnerai pas mais que s’il en a besoin pour quoi que ce soit, je lui fournirai les codes. Il me répond que ce ne sera pas nécessaire. Je lui parle également de se sentiment d’insécurité. Il me répond que l’on ira demain matin à la police des touristes déposer un main-courante.

 

Je retourne maintenant seul vers la maison. Je ressens une immense impression de solitude. La ville semble différente. Les endroits si vivants que je connais pour y être passé des centaines de fois me paraissent bizarres, suspects. Cette ville devient étrangère, menaçante, les regards inquiétants.  A la maison, je me prépare un thé et me mets devant l’ordinateur pour vérifier le courriel. Parmi les divers emails, il y en a deux de N.S, un de R.T et d’autres personnels. Ceux de N.S me disent d’ouvrir la pièce jointe. Il veut faire une réunion exceptionnelle du bureau directeur. En 7 ans, c’est bien la première fois qu’il y a une réunion. Le courrier de R.T me dit qu’elle a reçu le même courrier mais qu’elle ne peut pas, étant en France, s’y rendre pour le lendemain. Je transfère ces messages de N.S à l’avocat. L’avocat me dit de ne pas y répondre, qu’il y a rien d’officiel dans ces courriers et qu’il utilise à mauvais escient les papiers à en tête. Je dois également lui faire parvenir tous les courriels que je recevrai. T.K, l’avocat, me guidera dans ce que je dois faire ou pas. Je reçois encore des coups de téléphone jusqu’à tard dans la nuit. Encore une nuit blanche dans lequel les pensées chassent les réflexions et mélangent réel et irréel dans une imagination destructrice. Je ne me sens pas bien, envie d’exploser. Rien pour atténuer, accrocher une logique, un fil conducteur. Rien, que des murs dans la nuit. Le matin arrive sans arrêt, dehors la vie reprend. A 9h, l’avocat me donne rendez-vous pour aller à Brikuti Mandap où se situe le bureau de la police des touristes. En attendant l’ouverture à 10h, dans le "tea house" à côté du bureau de la police où nous buvons un thé au lait, il y a une autre personne, avocat aussi, qui doit, à ce que comprend, servir de témoin à la déposition. Il me dit, entre 2 gorgées de thé, que tous les comptes sont faux. Avec les documents photocopiés, il a épluché et ça ne correspond pas. Je suis totalement dégoûté de tout ce qui a pu être fait dans le dos, sans concertation, réduisant à néant toute la philosophie originelle de l’agence. Autant de malhonnêteté me paraît impossible. La main courante est faite et officialisée par le tampon de la police. L’officier me donne un bristol écrit en népalais et tamponné avec un N° de téléphone et le nom d’un interlocuteur. Je dois l’avoir sur moi. Ca ne me protégera pas d’un coup mais ça nommera le commanditaire. Pour les coups, je sors depuis quelques jours avec un sac sur le dos et 2 gros bouquins dedans. L’avocat ira au bureau rencontrer N.S vers les 16h.  Je rentre à la maison en changeant de chemin. A midi, je rejoins C.S dans le petit restau. Je prends sans appétit, pour accompagner, une petite galette newar et un lemon soda. Nous parlons de ce que l’avocat découvre sur l’agence. Je lui dis que l’avocat est très bien, très procédurier, très efficace et puis il est d’un calme qui dénote avec l’hyper activité de mes pensées. Il est certes cher mais peu importe, je veux sortir de ce cauchemar dans lequel je ne comprends plus rien. De retour à la maison, je m’installe face au vide et regarde défiler des heures pétrifiées. Envie de rien. Pas même de lire ou d’écouter la musique. Rien.

 

Je rencontre en fin d’après midi l’avocat qui me parle de la rencontre avec N.S. Que ça va être difficile car il s’accroche et se défend sur tous les points mêmes les plus litigieux. L’avocat ne peut pas se servir de ses découvertes comptables, ça ne toucherait pas l’intéressé mais l’avocat qui a signé et validé l’état comptable. Je lui paie ses honoraires. 1500 €, c’est cher pour le Népal mais il est efficace. Ca devrait être complété avec l’avancement de l’affaire. Il me dit aussi que N.S est allé porter plainte contre moi pour vol du site internet mais que sa plainte n’a pas été notifiée car nous y étions passé le matin. Il est allé me signaler auprès de différentes associations qui gèrent l’activité montagne au Népal. Un message SMS d’N.S me dit qu’il va porter plainte à l’ambassade de France. Je suis totalement abattu. Comment peut-il agir de la sorte alors que toutes les exactions ne proviennent que d’eux ? Croit-il que je sois comme lui ? Tricher, voler, n’appartient pas à mon éducation. Toutes les personnes qui me connaissent et m’ont connu peuvent en témoigner. L’alpinisme, la randonnée, en 50 ans, m’ont appris à ne pas tricher, à ne pas tromper. C’est le fondement même des activités en montagne. Ca se paie toujours cash un jour ou l’autre. Je n’ai fait aucune erreur dans le travail, dans la gestion, rien si ce n‘est de m’être associé à un qui m’a imposé l’autre. Dire que j’ai volé alors que je ne désire pas rendre quelque chose qui ne lui appartient pas. Comme si l’agence était entièrement à lui. Lui qui a passé plus de temps dans une autre concurrente sans seulement s’intéresser à celle qu’il n’a jamais considéré comme sienne. Je suis à bout et les nuits sans fin ne me reposent plus et se peuplent de sombres silhouettes. Ca va s’arrêter, ce n’est pas possible. C’est un mauvais rêve. Il faut que je me réveille, sorte de ce cauchemar. La nuit, le jour, rien ne s’arrête. Et cette oppression qui à nouveau m’étreint, m’empêche de respirer. Et toujours ces spasmes incontrôlables. Je suis à bout. Tout lâcher, me foutre en l’air depuis la terrasse de la maison. Un pas, juste un pas pour m’ôter le poids de tous ces mensonges avec lequel il m’accable. Ils seraient trop heureux et auraient atteint leur but. Résister. Je me prépare un thé, essaie de contrôler la respiration, me calmer. Je dois me calmer. Attendre que l’ambassade ouvre. M’informer. Leur expliquer.  J’ai laissé un message à l’avocat pour qu’il me rejoigne.

 

Je rejoins l’ambassade à peine un peu plus calme. L’air matinal, en moto, m’a un peu revigoré. La vice-consul qui me reçoit me dit que personne n’est venu et qu’aucune plainte ne peut être déposée à l’ambassade. C’était juste encore pour me mettre la pression. Je ne sais plus où est le vrai, le faux. Je deviens dingue. Tout est mouvant. Sur quoi me fier pour agir ? J’explique à la vice consul la situation, ce que je subis depuis plusieurs semaines. Avec mes explications, je ressens cette oppression intenable à nouveau m’envahir et j’explose. Trop de tension contenue, emmagasinée. Le policier de l’ambassade présent également dans le consulat ne comprend pas que cela puisse m’arriver. Il m’a vu solide et je ne suis qu’une loque. Effondré. Je ne tiens plus. Je m’excuse. Il me parle de quitter le Népal. Je retrouve un peu de quiétude alors que l’avocat arrive. La discussion est moins stressante et l’avocat prend quelques informations puis repart. I.L, la vice consul, téléphone au docteur de l’ambassade ; le cabinet est dans le jardin, derrière le consulat. Il me prend immédiatement. Il me donne des anxiolytiques. Je lui dis que c’est la troisième décompensation que je fais en une semaine. Je rentre à la maison. En fin d’après midi arrive le groupe qui revient du Tour du Dhaulagiri. Demain, un autre arrive pour partir sur le même parcours. Ce soir, C.R, une Française qui a un restaurant, organise un repas chez elle. Mais maintenant, je pars retrouver C.S dans le petit restaurant de Thamel et reprends une galette et un "lemon soda". Je lui parle de cette possibilité de quitter momentanément le pays. Il me répond que c’est une solution pour que je retrouve la santé et que je puisse réfléchir plus posément à la suite. Je lui dis que j’ai encore des groupes, que la saison n’est pas finie, que mon billet est déjà pris pour mi décembre. J’ai peur surtout que les 2 frères fassent quelque chose avec les groupes que j’ai organisés. Je suis sûr qu’ils peuvent demander à un guide de quitter les trekkeurs sur un circuit. Je n’ai pas de solution pour cela, sinon d’être présent.

 

Je rencontre et accueille le groupe arrivant de trekking. Ils ont réussi et ont pu même faire  l’ascension du Dhampus Peak. Ils sont contents de leur séjour. Cette réussite me sort de mon quotidien défoncé. La secrétaire qui m’a rejoint à l’hôtel me demande pour la prime de sommet pour le guide. Que doit-elle faire ? J’avais oublié de la comptabiliser sur le devis. Je lui paierai de ma poche les 200 € de prime. Les 1700 € du partenariat à 50% dans l’agence déjà repartis pour l’agence. Je laisse le matériel prêté au guide pour le groupe suivant qui vient de Chambéry. Ils font le programme avec une antenne au retour vers le camp de base nord de l’Annapurna, celui de la première ascension. Le jour décline et je quitte l’hôtel ravi pour me rendre chez C.R. J’y retrouve d’autres Français. Ils connaissent la situation que je vis. Ca me fait du bien de les rencontrer. Ils me disent que je devrais rentrer en France. Je leur réponds que je le ferai en décembre quand il n’y aura plus de groupes. Je ne peux pas les laisser assurer les briefings, les accueillir. Comme toujours, le repas ouvert est excellent. L’ambiance et la réussite du groupe m’ont donné un peu d’appétit. Je retourne à la maison vers les 21h30, prends l’anxiolytique et je vais me coucher.  

 

 

camp-au-Dhampus-Pass.jpg

 Camp au Dhampus Pass - le Dhampus Peak - Tour du Dhaulagiri

 

     

Le nouveau groupe arrive, je les accueille, les briefe, leur parle des Alpes. Nous partageons nos expériences de montagne. Je leur présente le guide et la secrétaire qui récupère le coût du séjour. Ils sont montagnards, ont de l’expérience. Il ne devrait y avoir aucun problème. Je les laisse à leur préparatif. Je rejoins C.S au restaurant mais je n’ai pas d’appétit. Il y a d’autres français avec lui. M. cherche à acquérir un restaurant dans Thamel et un autre qui fait des massages cherche à s’installer. Ils y croient tous comme je devais y croire il y a 7 ans. En allant vers la maison, je rencontre l’avocat qui tente de joindre N.S. Il n’y arrive pas. On lui a dit qu’il était parti à Lukla. Pourtant quand il arrive à le joindre, l’avocat entend les bruits de circulation routière. C’est vrai que les voitures, c’est courant à Lukla, en pleine montagne. Je lui demande si mon retour en France lui poserait un problème pour la suite de ses investigations et la fermeture de l’agence. Il me répond par la négative. Il peut rester en contact avec moi via Skype et internet. R.T peut le joindre également. A la maison, j’essaie d’envisager la situation avec les groupes restants. Que puis-je faire ? Je pense les envoyer vers une autres agences plus sures mais cela s’avère impossible puisque l’argent avancé est déjà à la banque. Je pourrais juste le faire avec un groupe de novembre qui n’a pas versé d’acompte. Leur Tour des Annapurna est confirmé. Je contacte C.B, une Française qui tient aussi une agence. Elle passe me voir et nous discutons de la possibilité de sécuriser le départ des groupes sur les trekkings à venir. Elle peut mettre des équipes en attente au cas où la situation empirerait jusqu’à devenir insupportable pour les trekkeurs. Elle s’occupera du groupe qui n’a pas versé d’acompte. Il y a aussi le groupe de 5 personnes qui arrivent le 27 octobre. Ce sont des amis et certains me connaissent depuis plus de 20 ans. Elle me dit de ne pas me faire de souci. Je reçois un courriel de N.S qui m’annonce qu’il a la preuve que j’ai volé le site internet. La pièce jointe est une facture le signifiant. Le seul hic, c’est que la date est fausse. C’est un faux grossier que j’envoie à l’avocat. Je n’y répondrai pas. N.S part en trekking. D.S revient le 27.



              Avec les anxiolytiques, les nuits sont plus fermes, encore courtes mais me permettent de me reposer un peu.  Je téléphone à la secrétaire qui passe à la maison vers les 10h. Je lui explique la situation à venir. Je lui dis que je vais quitter le Népal le 25 octobre si je trouve une place dans l'avion. Je dois changer mon billet. Je lui ai préparé une feuille reprenant les divers points du briefing. Je lui explique comment il faut faire. Elle me dit qu’il n’y aura pas de problème. Je lui dis que je passerai dans l’après midi au bureau prendre mes affaires. Je lui donne également une prime de 5000 roupies pour Dashain (fête népalaise). Je lui dis que je ne sais pas ce qu’il va se passer mais même si elle sait tout, qu’elle ne les contredise pas, qu’elle ne me protège pas de leurs mensonges. Ca peut être dangereux pour elle de s’y opposer, qu’elle les laisse dire, me pourrir, me salir. Elle sait tout, elle sait le travail que j’ai fait, tous les mensonges qu’ils professent. Elle sait et c’est le principal. Le reste n’a que peut d’importance. 

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article
22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 09:20

Envol 

 

Le départ en France de N.S. n’est pas une mauvaise nouvelle, elle éclaircit le fonctionnement de l’agence et ôte une pression stérile. Avoir une secrétaire est une bonne chose mais elle ne pourra pas prendre seules les décisions qu’un gestionnaire népalais, au niveau de la composition et la gestion des équipes, pourrait prendre. De plus, elle ne connaît pas la montagne et n’est pas là pour compléter le personnel de l’agence puisqu’il n’y en a pas mais pour remplacer les frères partis en France. Je demande à N.S qu’il mette un gestionnaire pour s’occuper des problèmes typiquement népalais mais il n’en veut pas. Sa réaction ne me surprend pas, je m’y attendais. Des problèmes, il n’en a jamais vu. Pour un Népalais, tout va pour le mieux tant que l’argent entre. Bien sûr, il ne se confronte pas aux imprévus et aux aléas inhérents au pays que l’occidental ne supporte pas. Il ne s’en occupe pas. Je fais tout tourner bénévolement dans la boîte et ils se pavanent de la réussite devant l’auditoire local.

 

Tous les devis que je fais sont partagés par email avec D.S en France. Un comportement que je pense normal à 50% chacun. Je n’ai rien à cacher. Mais cela ne marche que dans un sens. Ceux que fait D.S ne me reviennent pas. Je ne sais rien de ce qu’il fait. Je pense qu’il me cache des choses. Récupère-t-il des commissions sur les devis qu’il établit sur le dos de l’agence ? C’est fort possible puisqu’il interagit entre l’agence et les clients mais je n’ai aucune preuve. Je sais qu’il le fait auprès des commerces et autres boutiques chez qui il amène les personnes avec l’autre agence dans lequel il travaille. Tous les guides le font. Toutes ces pratiques "d’usage courant" à l’encontre des étrangers m’ennuient énormément. Il est bien capable de récupérer aussi de l’argent de la même façon avec sa propre agence. Sans devis, je reçois à l’aéroport les trekkeurs qu’il envoie et les renseigne à l’hôtel sans même savoir où ils doivent aller et ce qu’ils vont faire. J’improvise…

 

D.S me téléphone de temps en temps depuis la France. Il a plein de projets dans la tête. Il veut faire faire une cinquantaine de sacs de voyage estampillés du logo de l’agence. Veut-il les vendre aux trekkeurs de passages pour lui, pour l’agence ? Il veut mettre en place telle ou telle chose, un nouveau circuit ou des combinés de circuits qu’il a vu chez la concurrence. Pourquoi pas mais les recherches au niveau des prestataires, itinéraires qui s’en suivent sont pour moi ; créer une nouvelle page, faire le texte et la mettre en vente aussi. Il veut faire une publicité sur le Guide du Routard, une bonne idée, mais il ne peut pas écrire le texte. C’est encore du temps à prendre sur autre chose qu’il, lui ou son frère, n’est plus là pour faire localement. Je ne peux plus être partout. Ils disent simplement que je ne fais rien puisqu’ils ne voient rien. Ici, au Népal, tout doit être dans l’apparence ; le travail aussi. Être assis au bureau à attendre que ça vienne en buvant le thé au lait apporte plus de considérations que 15h de travail quotidien. Puisque quelqu’un est au bureau, c’est qu’il travaille.

 

R.T, ma femme, va partir en France prochainement pour poursuivre ses études universitaires. Je me retrouve seul à l’agence et récupère son travail de pré comptabilité. D’ailleurs je n’ai plus le temps de vérifier les comptes, je fais confiance à la secrétaire qui travaille très bien, toujours dévouée pour m’alléger une tâche ou chercher une info, faire la comptabilité ou aller à la banque. D’ailleurs, il faut que je m’arrête 1h, je dois aller vérifier la confection des sacs …

 

J’essaie de préparer les plannings de départ de telle façon que les guides puissent tourner 2 fois chacun en saison. Un guide népalais ne travaille que si le trekking, les dates, le nombre de personnes, le salaire lui convient. A ce titre, il refuse le travail parce qu’il n’y a qu’une seule personne à "guider", qu’il ne pourra récupérer que très peu de commission dans les lodges ou les commerces ou bien parce qu’il ne pourra détourner que peu de roupies sur le budget alloué qu’il gère sur le parcours. Il peut même quitter le trekking en cours si quelque chose le dérange. Un sirdar (guide) que pourtant je croyais honnête, me le fera en cours de trekking sous prétexte qu’il n’était pas en forme. Le porteur était un guide juste promu, il a pris la suite pour finir le trekking. Impossible d’avoir confiance en eux et à chaque départ de groupes, je m’attends à un problème. J’avais demandé leur carte professionnelle à chacun pour constituer un fichier professionnel facile à contrôler par les trekkeurs que l’agence reçoit, C’est la "garantie" minimale d’un professionnalisme que je recherche mais personne ne veut m’en remettre une photocopie. J’ai expliqué le pourquoi, puis demandé un peu plus fort mais rien… Ils n’en ont rien à faire, tout comme N.S et D.S qui n’agiront pas dans ce sens.  

 

Dans le calcul effectué sur chaque trekking, les sommes du budget alloué restantes en fin d’activité n’est jamais rendu par les guides d’où la nécessité de les calculer avec justesse. Pourtant le salaire journalier que l’agence octroie au personnel encadrant est bon par rapport à d’autres agences mais c’est une tradition et ça n’a pas de limite. C’est suite à un détournement de 250 € par un guide accompagnant 5 personnes que cette pratique m’est devenue flagrante. La magouille était bien ficelée avec des fausses factures. Les explications données au retour étaient plausibles et comment vérifier ? Avec ces explications et ne tenant pas à léser le guide en occurrence pas trop mauvais, j’ai cédé. C’est N.S qui nous a démontré la supercherie. La connaît-il ? Il a toujours soutenu son guide, de sa famille, contre sa propre agence me faisant perdre le peu d’autorité qu’un "kuiré" peut avoir pour diriger un acteur local. J’ai donc eu tort d’avoir cédé et le guide raison d’avoir volé. Ce guide continue à travailler mais sans ma confiance. Avant que les 2 frères partent en France, quand ils budgétaient les programmes, D.S et S.N donnaient les sommes au plus juste. Si les guides dépassaient ou économisaient leur allocation, c’était pour leur poche. A eux de gérer leur circuit. Mais avec un budget au plus juste, pas un ne dépassait les sommes allouées mais les détournements n’ont jamais cessé certainement au détriment des repas des trekkeurs ou du salaire des porteurs. Puisqu’il n’y a que les roupies pour les faire travailler et afin de limiter ces magouilles que tous pratiquent, j’ai pensé mettre, avec un budget calculé au plus juste, un système de prime. S’il n’y a pas un seul avis négatif des trekkeurs sur le travail des encadrants en fin de parcours, le guide reçoit 1 ou 2 € supplémentaires par jours. Je mets en place ce système sur quelques trekkings et ça semble marcher puisque pas un trekkeur ne se plaint.

 

Pour comprendre la gestion des équipes, il faut être local. Tout est à l’image de la société : hiérarchisé et très embrouillé aux yeux d’un occidental. J’essaie tant bien que mal de gérer la composition des équipes en fonction de leur compétence. Je ne donne jamais un trekking en altitude ou compliqué à un jeune promu. Il doit faire ses classes sur des circuits faciles. Ca se comprend mais la principale motivation d’un guide est de gérer en sa faveur le budget alloué, pas la sécurité des trekkeurs. Le tableau mural qui reprend le planning de chacun est sans arrêt modifié par les guides eux-mêmes. Peu importe les compétences, chacun veut récupérer le maximum et se base donc sur une hiérarchie pour modifier les plannings. Être calme ne même à rien, s’énerver pas plus. Ils n’en ont rien à faire, ils peuvent aller voir ailleurs, il y a de la demande. Je n’ai aucun levier pour les inciter à "bien"  travailler, si ce n’est ce système de prime.

 

Nous faisons l’acquisition de matériel supplémentaire, 2 autres tentes "dôme". Avec les 3 autres + la tente mess et celle pour la cuisine, ça devrait faire assez pour 2011.

 

Chaque fois que j’ai D.S au téléphone ou par email, c’est pour me demander de faire plus. Aller à un hôtel, être au bureau, téléphoner, même si c’est déjà fait, à des résidants qui veulent aller marcher, aller à la banque, aller accueillir des personnes dont je ne savais pas qu’elles arrivaient. Que fait-il lui en France…

 

Printemps 2011

 

Depuis 2010, les bénéfices partagés de l’agence nous (R.T et moi) apportent un appoint mais pas encore assez pour en vivre au Népal. Les premiers bénéfices dégagés étaient apparus en 2009. Depuis 2009 et puisque ça commence à marcher, D.S n’accompagne plus avec la concurrence. Il revient totalement vers l’agence et y envoie ses trekkeurs ; son frère N.S lui continue à marcher pour d’autre. Je m’étais donné 5 ans pour constater le bon fonctionnement ou pas et faire un bilan. Et ça marche mais les heures pour y arriver ne se comptent pas. Cette année 2011 se sera autour de 120 personnes qui partiront avec nous. D.S en a fait une soixantaine via le site et son fichier, idem de mon côté via le site et des connaissances…

 

Sur place, en ce printemps, c’est déjà courir à droite à gauche pour trouver un hôtel. Celui que nous utilisons est réservé, confirmé mais complet pour les premières arrivées. Il faut trouver autre chose qui convienne dans l’urgence. Avec la secrétaire, c’est la course dès le matin en moto d’un hôtel à l’autre. J’accueille donc en ce printemps les groupes que j’ai organisés et les groupes D.S donc je n’ai pas, comme d’habitude, le devis. R.T, directrice, à ma demande, lui a réclamé plusieurs fois mais rien. Il y a toujours moins d’arrivée au printemps qu’en automne, il n’y a donc pas de gêne mais sans devis, je ne sais pas ce qu’ils font et comment ils le font. Je sais juste qu’il y a un groupe de tant de personnes qui part à telle date et vers tel circuit. Le contenu de la proposition sur le devis reste un mystère. La secrétaire a été avertie par téléphone d’une arrivée. Dans ce premier groupe D.S, les personnes n’arrivant pas avec le même avion, je prends mes quartiers dans un coin du hall de ce nouvel hôtel et j’attends les personnes pour les recevoir au compte gouttes puis les briefer dans l’inconnu. Un, transitant par Delhi, a perdu son bagage. Le départ en trekking est pour demain et il ne peut pas partir sans matériel. Je retarde son départ et le met avec un porteur pour qu’il récupère plus tard le reste groupe. Et c’est une journée qui se charge d’attente à essayer de savoir et de récupérer le bagage. Mais c’est une priorité et les devis ou les demandes d’information que je traite à domicile ne se font pas. Alors D.S me dit par téléphone ou par email pourquoi ce n’est pas encore fait. La pression monte un peu plus lorsque j’apprends qu’il vient 3 mois au Népal avec des groupes qu’il s’est constitué uniquement pour lui. Son travail consiste donc en France à démarcher ses propres groupes et quelques individuels qu’il ne peut pas accrocher à ses départs. Sur sa soixantaine de personnes, 80 % sont pour lui. Les 20% qui restent, qui viennent en individuel ou en petits groupes de 2 ou 3 personnes sont laissés à la discrétion du bureau. Je dois m’occuper de l’accueil, des briefings en plus de mes organisations et les faire partir sur les circuits. Je me sens responsable de l’agence, je n’ai pas envie de laisser seul la secrétaire gérer d’éventuels problèmes. Je n’irai donc pas m’oxygéner encore cette année. D.S ne s’occupera même pas un moment de la gestion de l’agence. Je commence à comprendre son jeu. L’agence ne représente qu’un support figuratif pour qu’il puisse organiser ses groupes comme il le souhaite. Pas de compte à rendre, pas de souci de démarcher les tarifs qu’ils se calculent mais donc je ne sais rien. C’est du tout bénéfice pour lui. Il ne travaille pas pour l'agence mais pour lui avec l'agence. Son gros du travail consiste à ne monter que ses groupes, le site et la structure au Népal ne doit servir qu’à cela. Tout le travail interne au fonctionnement, il n’en a rien à faire. Pour cela, il pouvait rester uniquement guide, sans vouloir devenir gestionnaire d’une agence. Je l’aurais créée avec quelqu’un qui le désirait. D’ailleurs, la gestion, il l’a déléguée à son frère qui l’a déléguée à la secrétaire. Mais être guide ce n’est pas le même statut, ça ne montre rien, ça reste banal parmi d’autres guides. Avoir une agence permet de travailler son apparence, de gagner sur tous les tableaux, comme guide, comme directeur auxquelles s’ajoutent les commissions de guide et de vendeur de trekkings. Je me dis pourquoi ne pas faire comme lui, prendre une autre secrétaire payée par l’agence, quelqu’un à qui je laisserais faire tout le travail interne. Je m’occuperais juste de trouver, d’organiser et d’accompagner seulement mes groupes. Plus de souci, je délègue et je pars marcher… Et bien non, ça m’est impossible. Question de responsabilité vis-à-vis des trekkeurs et de l’agence. D’ailleurs, les 2 frères n’auraient pas accepté que je mette quelqu’un pour me soulager. J’avais bien demandé un gestionnaire et cela avait été refusé en bloc. Pour eux, ça leur permet de ne faire que le côté plaisant du travail ; les problèmes de gestion, les rapports avec les Népalais, ça ne les intéresse pas. Et ça continue. 2 personnes pour le Thorong Peak, toujours sans devis reçu. J’improvise. Et puis, concernant un circuit que j’ai préparé, le guide prévu m’annonce à 17h qu’il ne veut plus partir le lendemain matin. Avec la secrétaire, nous trouvons dans l’urgence un guide pour que le départ ait bien lieu. Mais du nouveau guide qui part, je ne connais rien… Pas d’autre choix et ça me met mal.

 

J’envoie un premier courriel à D.S lui demandant de faire quelque chose. Sa réponse "chef d’entreprise" prend, comme je m’en doutais, la défense du guide. C’est à moi à gérer les guides népalais. J’ai l’impression qu’il se donne un rôle depuis Paris. Commander et ordonner, il ne fait que ça. Sa réaction de "directeur général" me fait sourire. Il se prend pour qui ? Il oublie que l’on est à 50%. Il oublie que c’est son travail de gestion des relations entre népalais que je fais au Népal. C’est le coup de trop. Je prépare à D.S un email de ras le bol un peu virulent. Ses conneries ne passent plus. Il en va de ma responsabilité au niveau de la sécurité durant les trekkings et de l’image professionnelle de l’agence auprès des trekkeurs et là, c’est en plein dans mon travail. Je souhaite revoir la place, la fonction de chacun dans l’agence à partir de la saison automnale. Je fais lire et explique le sens de ce courriel à R.T, ma femme, maintenant en France, avant de lui envoyer. Elle me dit que l’email ne passera pas car il ne peut pas le comprendre, il n’est pas dans la situation, ni au Népal. A le mettre devant ses actes comme cela il  risque de perdre sa face. Mais dois-je encore laisser passer, me résigner, le laisser faire. 7 ans que je supporte ses petits arrangements parce que je crois en cette agence, que j’y ai tout mis et je continue à le faire. Ma décision tient à un clic et elle est prise.

 

Le retour de courriel, comme R.T m’avait dit, est à la hauteur du pseudo statut de D.S. Il décide de ne plus travailler avec moi mais, je pense par gratitude, il me laisse le choix entre reprendre l’agence, lui laisser ou la fermer. Ses écrits sont massifs, c’est du dur, du définitif, c’est du "moi, je décide". Pour qui se prend il encore ? Il n’est pas plus que moi dans la boîte mais il en décide seul de son sort. S’il ne veut plus travailler avec moi qu’il parte, il n’y était pas pendant 5 ans ; qu’il décide du sien de sort. De travail dedans, depuis juste vraiment 1 ans, il n’a fait que le guide qui cherche ses propres clients. Avant, il était ailleurs. Pendant ces derniers 5 ans, du travail de fonctionnement de l’agence, il n’a connu que celle de la concurrence et son frère a fait à peu près pareil. Mais il me semble que ce ne soit pas cela qui le nuise. Ce qui le gène n’est pas son travail que je refuse de faire, je l’ai fait jusqu’à maintenant. Je m’y suis scrupuleusement tenu bénévolement et uniquement animé par la passion de faire vivre l’entreprise pour l’amener à quelque chose. Ce qui le gène, ce n’est pas le fond de l’email envoyé, c’est sa forme, de le ramener au même niveau que moi, de perdre son statut de décideur, de recevoir et non plus d’ordonner. De plus, le travail que je fais depuis 7 ans sur l’agence commence à porter ses fruits. Attendait-il mon mouvement d’humeur pour intervenir ? Veut-il récupérer la structure pour bénéficier seul de tout ce travail ? Il ne l’aurait certainement pas fait il y a 3,4 ou 5 ans. Ce que j’y ai fait dedans, il n’aurait jamais pu, ni même avoir l’idée, de le faire. Voila, ce que je pense et j’en discute avec R.T. La rupture est consommée, il n’y aura plus de contact. D.S écrira ou téléphonera à R.T une ou deux fois encore pour se justifier de sa décision…

 

Je rentre en France en cette fin juin et pour y rester jusqu’à mi septembre. Les 2 circuits sur le Mustang qui doivent partir en juillet sont simples et ne devraient pas générer de souci. Tout est expliqué à la secrétaire et aux guides…

 

Je parle de la situation avec R.T. Elle me dit qu’il y a longtemps que j’aurais dû fermer l’agence, depuis qu’il l’a refilée à son frère. Que jamais je n’aurais dû accepter qu’ils travaillent ailleurs en ayant l’agence, qu’il soit plus présent. Mais pouvais-je le faire ? Bien sûr qu’elle a raison. Aurais-je pu percevoir sa façon d’agir, d’être et de faire au début de l’agence ? J’ai minimisé sa façon d’agir en pensant que … Trop confiant et j’ai accordé trop de confiance ; trop bloqué sur un imaginatif, trop naïf, trop gentil et certainement trop con, je le sais. Je lui rajoute pour ne pas trop sombrer dans ces qualificatifs que je réagis comme la majorité des occidentaux qui vont au Népal. Que je me suis fié juste à une apparence, à des sourires et à tellement de certitudes et puis j’étais dans mon truc, ma passion. J’étais surtout pas assez vigilant et trop pris dedans pour pouvoir deviner.

 

Je suis devant une inconnue et mon problème à gérer depuis la France est la 15aine de groupes confirmés que j’ai organisé pour l’automne. Il va forcément se passer quelque chose. Les 2 frères seront sur place et moi aussi. Je dois envisager toutes les situations. Pour le moment, je reçois des chèques de confirmation et rencontre quelques personnes et des amis qui doivent venir. L’exercice de communication avec ces derniers n’est pas évident. Comment sécuriser mon propos pour ne pas les faire douter de leur futur séjour dans les conditions tendues qui se préparent ? Je les informe et je réponds à leurs questions sans tricher.

 

A avoir trop fait confiance, aujourd’hui, j’anticipe. Avant de repartir vers le Népal, ce début septembre, je dépose à l’INPI, dans 3 domaines différents (voyage, sac et habillement), le nom "La Compagnie des Guides de Katmandou – CGK" + le logo que j’avais pensé et réalisé. L’organisme de protection des marques me rend un papier de confirmation avec le n° 113859068. Le nom, ses dérivés ainsi que le logo (et les ressemblances) sont ainsi protégés pour toutes ces utilisations en France.

 

Je retourne seul au Népal avec une étrange oppression, une inquiétude, pas vraiment serein. La secrétaire a envoyé à son habitude une voiture pour me récupérer à l’aéroport. Je retourne le lendemain de mon arrivée au bureau prendre et donner les dernières informations et laisser l’argent des acomptes que les trekkeurs m’ont envoyé. La secrétaire me dit que l’administration népalaise est passée au bureau en juillet, que le bureau n’est pas légal au niveau des taxes. L’adresse déposée pour l’agence ne correspond pas à celle indiquée. D’après ce que je comprends, les taxes sur le local varient en fonction du lieu. Elle ne sais pas et n’a pas pu leur répondre. N.S est arrivé plus tôt pour aller en discuter avec les fonctionnaires. Depuis 3 ou 4 ans, le bureau est illégal à l’adresse de Thamel, il est toujours localisé à Dumbaraï dans l’appartement des 2 frères, je n’en reviens pas. C’était pourtant son travail et il ne l’a pas fait ; mieux, il nous a même caché la situation sachant que je ne l’aurais jamais laissé passer. Même R.T, pourtant impliquée à 50%,  n’était pas au courant de ses magouilles au risque de la faire pénaliser sans même le savoir. Il m’avait fait ça il y a quelques mois avec la cotisation annuelle à TAAN (association des agences de trekking au Népal) qu’il ne payait plus depuis 3 ans. Je lui avais dit, répété de régulariser les cotisations pour être conforme. Dans l’impossibilité de savoir et de comprendre les documents administratifs, il me disait sans hésiter que c’était fait et je n’avais aucune raison de ne pas le croire. Lorsque je le rencontre, il semble ne rien savoir, ou ne le montre pas, des tensions qu’il y a entre son frère et moi. Il m’explique les difficultés qu’il a eu à faire "passer" l’illégalité de l’agence au fonctionnaire. Je ne sais pas ce qu’il leur a dit mais il les a embrouillés avec beaucoup de "miel" dans ses paroles. L’administration lui a donné quelques semaines pour légaliser la situation. Et bien oui, pour faire du business, il faut tricher… Il part accompagner un groupe avec la concurrence.

 

Mon premier groupe de l’automne arrive. Ils sont 4 de Toulouse et partent pour un tour du Dhaulagiri avec l’ascension du Dhampus Peak. Un autre groupe de 4 pour le même programme arrivera dans une vingtaine de jours. Je rencontre les trekkeurs, récupère le coût de leur séjour, les briefe, leur explique le trekking et l’ascension, présente le sirdar et le  cuisinier qui vont les accompagner. Je fais le point au niveau matériel agence et envoie le guide acheter 100m de corde statique pour sécuriser la langue glacière. Je lui prête des sangles, broches à glace, des poignées autobloquantes personnelles. Il pourra les utiliser aussi pour le second programme. Je donne à la secrétaire la somme récupérée qu’elle comptabilise et l’utilise en la répartissant à chaque prestataire. Le groupe part le lendemain matin comme prévu.

 

Je rencontre les jours suivant d’autres groupes arrivant à l’hôtel en procédant de la même façon, comme je l’ai toujours fait…

 

Devant-le-chulu-west.jpg

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article
19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 08:09

Avant propos

      

Si vous allez sur un certain site ou vous lisez quelques posts distillés çà et là ou vous vous fiez à des commentaires issus de ces mêmes personnes,  vous ne tarderez pas à voir apparaître mon prénom accolé ou non à l’agence que j’ai imaginée et conceptualisée en des termes aussi insultants que mensongers.

 

Qui ne me connaît pas peut ainsi voir en moi ou en ce que j’ai fait un voleur, un escroc, un salop, …. Je laisserai la réflexion de chacun faire la part des choses.

 

Je n’ai ni à cacher ma naïveté et mes lacunes dans ce pays aussi complexe, mes faiblesses, mes conceptions du travail, de la création, de la confiance, de la responsabilité, de l’éthique, ni à porter aux nues tout un travail effectué et la priorité que j’ai toujours donnée aux trekkeurs pour prouver ou démontrer les propos fallacieux, diffamants, mensongers par lesquels ils me qualifient. Je mets donc en ligne l‘histoire de cette agence. Tous les faits peuvent être vérifiés et bons nombres étayés par des preuves administratives.

 

 

Du rêve et du travail

 

Octobre 2002, je laisse tout en France, un travail dans l’administration, la famille, les amis, la voiture, le confort, la vallée de Chamonix, les Pyrénées et tout ce qui fait la vie occidentale pour l’Himalaya. Envie de changer de vie. Le travail dans l’administration n’étant pas très créatif, c’est donc plus que motivé que je pars savoir si je suis capable de faire quelque chose. Et pourquoi pas à l’étranger…

 

En tant qu’accompagnateur en montagne et moniteur de parapente, je viens "trekker" en Himalaya depuis 1989 que ce soit au Népal ou en Inde. J’ai étudié le tourisme en montagne dans une école en 1991. Mon projet à développer est de faire une agence d’activités en montagne. J’hésite entre l’Inde (Ladakh) et le Népal. En 2002, quand je quitte la France avec cet objectif, rien n’est décidé ; j’y vais, motivé par un challenge.

 

Les conditions sur le Ladakh ne sont pas réunies pour y vivre et créer quelque chose. J’opte pour le Népal qui semble plus "vivable". Ma première démarche est de m’inscrire à l’université de Katmandou pour apprendre le népalais. Il y a pas mal d’étrangers inscrits mais je suis le seul Français à suivre les cours. Je fais connaissance d’une enseignante française. Arrivant toujours en avance, j’aide les népalais toujours demandeurs dans l’apprentissage du français. Je parle de mon projet à V.G, cette enseignante française. Elle me dit que son ami Népalais D.S est guide et veut également monter une agence. Cela m’intéresse et nous nous rencontrons. Je fais aussi connaissance, mais en dehors de l’université, d’une népalaise R.T. Je rencontre plusieurs fois D.S et discutons. Il me paraît sympathique et semble sérieux. En octobre 2004, je me marie avec R.T que j’ai pu assez bien connaître en 8 mois. J’achète un terrain pour une future maison. Mais pour le moment, il s’agit d’équiper l’appartement dans lequel nous vivons. Pour meubler le temps libre, je rentre dans une ONG locale qui apporte des aides à la population. A travers celle-ci et avec la proximité qu’elle crée, j’apprends en aidant cette société si particulière.

 

La décision de créer une agence est prise. Nous nous réunissons à 4 au Sikuwa, bar restaurant de Jhyata à Katmandou. Nous partageons nos idées. Je propose une série de noms porteurs et nous nous arrêtons sur un : La Compagnie des Guides de Katmandou. D.S me dit que nous ne pourrons pas déclarer un nom français à l’administration népalaise, ce sera donc La Compagnie des Guides de Katmandou pour la communication en France et dans le monde et The Kathmandu Guides Company au Népal. Un autre problème apparaît, en tant qu’étranger, je ne peux rien entreprendre et je n’ai pas assez d’argent pour m’associer directement dans l’entreprise. R.T sera directrice de nom avec D.S et moi gestionnaire bénévole. Cela ne crée aucune contrainte et elle peut continuer ses études à l’université et à l’Alliance Française. D.S s’occupera de l’organisation, de l’accompagnement, des équipes et de l’administratif côté népalais et je m’occuperai de la communication, du marketing, de l’accompagnement et de l’organisation.

 

Pour me remettre en jambes et sortir de la pollution de la ville, je pars faire un Tour des Annapurna avec V.G et une autre professeur à l’Alliance Française. D.S accompagne en même temps sur cet itinéraire un groupe avec une autre agence.

 

D.S trouve un avocat, les statuts sont déposés, les coûts d’ouverture partagés. C’est en assistant au dépôt des statuts que je m’aperçois que seuls les Népalais peuvent vraiment comprendre quelque chose dans leur administration. Ca me gêne un peu de ne pas savoir ce qu’il se dit et se fait. R.T me traduit et m’explique. Le projet est lancé sur les bases énoncées…

 

Le local qui fera office de bureau est trouvé non loin de l’ambassade du Danemark. Je mets en place le concept de l’agence basé sur une éthique, la confiance, l’honnêteté et le professionnalisme. L’éthique et la confiance sont des idées, des concepts qui n’existent pas au Népal. Je n’en trouve aucune trace sur le dictionnaire. Les mots anglais sont utilisés. Ne pas tricher dans les infos et ne pas tromper les personnes pour gagner quelques roupies mais perdre de la crédibilité. Il est nécessaire que les trekkeurs repartent content de la prestation fournie. Faire de la qualité, une qualité occidentale. Je pense à une stratégie de lancement, pas de prêt bancaire, un auto financement et le réinvestissement des bénéfices tant que l’agence n’est pas autonome, pas de flonflon et de brillant typiquement local. Tout doit tourner autour de cette philosophie qui peut évoluer ou se compléter sur certains points. Je demande aussi que tous les guides soient diplômés car beaucoup travaillent sans aucun diplôme. Je souhaite qu’ils soient testés pour leur compétence. D.S m’assure qu’ils sont diplômés et place des membres de sa famille et ses amis. Je n’ai aucun moyen de vérifier la véracité des diplômes ; tout s’achète, se copie dans le pays. Je prépare les photos, les textes de la plaquette qui va soutenir la communication. A ma surprise, et malgré son rôle de directeur et gestionnaire adjoint dans la CGK, D.S continue à travailler pour et dans une autre agence francophone de Katmandou. Il partage la plus grande partie de son temps à l’extérieur de notre agence. Je ne sais pas mais je pense que cette pratique est assez courante, peut être normale au Népal. Plongé dans une autre culture, sans aucune connaissance, je ne dis rien, je n’ai pas d’autre choix si je dois mener ce projet à sa réussite. Je n’aime pas morigéner ; chacun est capable de définir ses priorités et ce qu’il a à faire. Apparemment, ses priorités semblent être ailleurs. Il n’y a pas encore trop de trekkeurs et c’est un travail de base (communication & marketing) qui me concerne pour le moment. Ma femme népalaise me dit qu’elle n’a pas trop confiance en D.S. Je n’en tiens pas compte et je mets ça sur la différence d’ethnie. Je suis engagé dans une voie et je dois la réussir coûte que coûte, j’ai tout laissé en France pour ce projet qui me passionne…

 

Je prépare les textes qui vont être mis dans la  plaquette. D.S  prépare les itinéraires de base de notre programme trekking, je les mets en texte. D.S m’indique la manière de composer les équipes et de calculer le coût. Je suis surpris car les prix des prestataires sont assez hasardeux et ceux que D.S me présente après l’organisation des activités également. Il n’y a rien de défini, de précis, tout est variable. Il est impossible d’avoir un ensemble de prix cohérents, logiques, et il en va de même avec la composition des équipes. Je reprends toute cette organisation pour lui donner un sens. Leur calcul de prix est bizarre mais apparemment ce doit être le lot de toutes les agences népalaises. Je m’attache donc aussi à mettre une cohérence et une logique dans les tarifs et les équipes, un signe à mon avis, de professionnalisme. Quelquefois D.S, quand il n’est pas pris avec l’autre agence, est présent pour constater l’avancement de la plaquette.

 

L’ébauche du document est portée à l’imprimeur qui va la mettre en forme et l’imprimer. Je lui donne mes consignes de confection. La plaquette est imprimée à 500 exemplaires.

 

Le premier groupe arrive. Une dizaine de personnes, la famille et des amis de V.G. D.S étant pris avec l’autre agence me dit que je les accompagnerai. Les conditions sur le circuit sont épouvantables. Une queue de mousson durant 4 jours apporte des quantités d’eau inimaginables. Les éléments se déchaînent et la montagne y répond. Les ruisseaux sont en furie, les glissements de terrain coupent le sentier et la neige au dessus tombe en quantité. Les guides népalais et porteurs sont totalement dépassés par les conditions. Nous progressons et croisons des groupes qui redescendent. Avec une accalmie, le beau temps revenu et au prix de quelques insomnies et de tension nerveuse, le nôtre passe le col à 5400m. Les conditions étaient certes difficiles mais le circuit réalisable en mesurant les dangers. Je repars vers la France avec un lot de plaquettes, une quarantaine que j’expédierai  à mon compte vers divers tours opérateurs.

 

En-montant-a-Yak-Karka.jpg

 Au dessus de Manang, après le passage de la queue de mousson

 

 

Après la plaquette, ce sera la confection d’un site internet. Techniquement, je n’y connais rien. Je dois tout apprendre. Nous ferons donc appel à un désigner pour la technique de la mise en page. Le frère de D.S, N.S, en connaît un. Après une discussion, nous l’employons.

 

Le local de l’agence est à 40 minutes de mon domicile. Il me faut une connexion internet et le bureau n’est pas équipé. Je travaille donc à domicile à partir de 4/5h du matin pour être au calme jusqu'à midi. Je passe à l’agence quand il y a en a besoin dans l’après midi. Je n’ai pas grand-chose à y faire et ça reste plus un moment de détente par rapport au travail à domicile dans lequel je m’investis sans compter. Quand je dis au Népalais que je me lève si tôt pour étudier le HTML, ils en rient. Sortir d’un ordinaire est toujours source de rire.

 

Faute de temps, j’ai arrêté ma participation à l’ONG, mais en marge du travail de l’agence, je continue à apprendre le pays. Je tente de me faire comprendre en népalais dans les commerces, dans la rue. J’observe les comportements, j’essaie de m’intégrer dans cette nouvelle vie même si je sais que c’est impossible. Les cloisonnements culturels sont trop importants. J’essaierai juste d’être discret, respectueux des comportements.  

 

Ne connaissant rien dans le commerce électronique et les sites internet, je m’informe dans les forums et lis beaucoup d’articles concernant la conception d’un site. Je l’imagine, en rédige tous les textes, choisis les photos. Le concepteur met mes idées en page et le résultat est encourageant. Une trentaine de pages au début avec chacune leurs caractéristiques. J’y travaille dessus entre 8 et 10 h/jour à domicile pour avancer au plus vite puis rejoins le bureau du designer à Thamel.  D.S n’y fera que de brèves apparitions pour superviser et donner son aval sur le travail effectuer. J’applique sur le site le concept que j’ai pensé pour l’agence. Je teste le contenu auprès de différentes personnes en France. Le site est mis en ligne début 2006. D’après les informations que je récupère, mettre un site en ligne n’est qu’une étape. Le travail commence après. Et effectivement, il commence vraiment après pour le faire connaître. Un travail en sous texte, invisible mais nécessaire. Durant 5 ans, je m’informerai sur les formes variables de marketing qui s’appliquent sur les sites et modifierai sans cesse pour y coller au plus près. Les heures ne sont plus comptées. Le site augmente rapidement son "PR" à 3 puis à 4 pour se stabiliser à 3, les visites se font de plus en plus nombreuses, les devis à effectuer aussi. Je n’ai plus le temps de penser à autre chose.

 

D.S se marie. Après quelques semaines et sans aucun avis préalable, il m’annonce qu’il quitte le Népal dans 2 jours. Il laisse l’agence à son frère qui fait des études et travaille aussi pour une agence népalaise. Il s’appelle N.S et étudie en master économie. Il passe le diplôme de guide culturel. Apparemment ce diplôme est aussi bon pour faire le guide en montagne. Les domaines d’activités étant assez différents, cela me semble étrange mais tous les guides culturels le font… Il passe de temps en temps le soir 1 ou 2 heures après ses études et son autre travail d’agence au bureau vérifier que tout va bien et entrer quelques sommes (comptabilité) dans l’ordinateur. Comme son frère, du travail intérieur à l’agence, il ne connaît rien et de celui que j’effectue encore moins. A plusieurs reprise, il me dit que le nom du site lui plait pas, que ça ne fait pas agence de trekking. Il veut quelque chose de plus népalais du style Everest Trek & Expedition. ltd. Ce nom avait été étudié, analysé pour des raisons de marketing, proposé et validé et tout mon travail depuis le début porte sur ce nom et dans un concept qu’il véhicule pour se différencier des 800 autres agences que le Népal hébergent. Je ne recommencerai pas tout le travail déjà effectué juste pour son envie sans grand fondement...

 

Le loyer de ce grand bureau étant trop élevé, il est déplacé dans le domicile de D.S et N.S à plus d’une 1h de mon domicile. Ca ne pose pas de problème, la partie de mon travail est faite toujours à domicile où j’ai la connexion internet et un "inverter" pour les coupures de courant de plus en plus fréquentes. L’agence restera dans cet appartement quelques mois avant de s’installer dans un autre à Thamel. Pour ce nouveau bureau placé au second étage, le loyer n’est pas excessif. Je repense l’intérieur pour être fonctionnel et accueillant. Nous lui donnons une allure d’agence, j’apporte la  décoration…

 

Lors d’une réunion des agences françaises à l’Ambassade de France, je rencontre le directeur de l’agence où D.S travaillait et il me dit qu’il n’a jamais eu aucune confiance en lui et que je devrais faire attention. Je minimise son propos…

 

La relation avec N.S est différente. Dès qu’il y a un problème, il me sérine que ce n’est pas son agence, qu’elle est à son frère D.S ; que pour gérer une agence et faire des affaires il faut tricher, tromper pour gagner. Et de tricher, il le fait, avec les prestataires, avec l’imprimeur,... Une conception qu’il applique dans tous les domaines. Avec R.T, nous passons derrière lui récupérer ses coups foireux. Lors de rares rencontres avec les trekkeurs, il bonimente jusqu’à l’exagération afin de les tromper. Je ne veux pas le contredire mais une activité montagne n’est pas un tapis. La beauté d’un paysage n’exclut pas la sécurité et les capacités des pratiquants. Un étranger au Népal ne sait rien mais il croit. Il est dans un exotisme et absorbe tout. De plus, je ne sais pas par quel fait, tout ce qu’un Népalais raconte est pris comme vérité absolue sans même être vérifiée. Ici, tous en jouent. Même ma femme népalaise me le fait remarquer et me demande pourquoi tous les étrangers sont si naïfs. Et je lui parle d’une image colportée, d’exotisme. Il n’y a que l’expérience et le vécu pour rectifier les croyances.

 

Les comportements de N.S sont en opposition totale avec la philosophie d’origine de l’agence. Lorsque je ne suis pas d’accord avec ses arguments, il me dit qu’il peut tout quitter. N’étant pas très présent dans l’agence qui est administrativement à son nom mais n’est pas sienne, cette façon de penser ne me gêne guère ; ce ne sont que des paroles et ça ne change rien à la philosophie et l’éthique du bureau que je maintiens. D’ailleurs qui est qui à l’agence ? Officiellement elle appartient à 50% à R.T, ma femme, qui est de plus en plus présente et maintenant à 50% à N.S qui me répète toujours que ce n’est pas la sienne. Lui, il entre toujours les chiffes sur l’ordinateur, il compose rapidement les équipes encadrantes et établit les budgets alloués à celles-ci.  L’agence est donc à son frère D.S qui est en France et ne participe en rien à sa gestion quotidienne. Je m’occupe toujours de ce qui m’était imparti au départ, c'est-à-dire le concept, la communication, le marketing, l’organisation, l’accompagnement mais aussi de l’accueil, à l’arrivée, au départ à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, des briefings de départs et d’arrivées de trekking, des problèmes routiniers de culture avec les trekkeurs, de courir à la banque, à l’aéroport, à l’hôtel, chez les prestataires, de la gestion du personnel, des prix, de la logique administrative népalaise,… Un trekkeur qui arrive ne perçoit rien et ne peut même pas imaginer ces dessous. Les chambres réservées dans un hôtel et confirmées peuvent soudainement la veille avoir été données à d’autres. Peu importe que le séjour ait été confirmé, il faut courir pour en trouver un autre de même standing et en saison tout est plein. Il leur importe peu de faire quelque chose de bien, le Népalais travaille dans l’instant ; de fidéliser, il n’en à rien à faire. Ce n’est pas de leur faute, rien n’est de leur faute… C’est pareil pour les vols intérieurs qui ne décollent pas parce qu’il n’y a pas assez de monde dans l’avion. Dans ces conditions où le divin est garant de réussite, il est difficile de faire comprendre à un trekkeur qui a payé pour le succès de son projet les ratés d’une organisation imputables à une culture. Des heures, des jours à courir d’un aéroport à un hôtel à un prestataire. 

 

Les fréquentes coupures d’électricité et donner les instructions en anglais à l’hébergeur via le concepteur me posent des problèmes de gestions du site internet. J’en parle au bureau de le mettre en France où ce me sera plus facile même avec le décalage horaire. Il semble qu’il n’en ait rien à faire, ça ne les intéresse pas. M’écoutent-ils seulement ? La chose est décidée entre nous et mise en place. L’hébergeur népalais du site, ami de N.S, me donne les codes d’accès. Le nouveau serveur étant en France, je paierai cet hébergement. Avec le travail effectué, le site envoie de plus en plus de monde (20% en + tous les ans en moyenne). J’essaie d’accompagner quand je le peux mais le bureau ne peut pas tourner seul et je donne tout ce travail d’accompagnement aux équipes népalaises. N.S est pris par l’autre agence, D.S revient au Népal pour travailler avec les groupes de l’agence concurrente. Avec l’arrivée de plus en plus importante des trekkeurs, les problèmes avec le personnel accompagnant sont aussi en augmentation. J’apprends leur fonctionnement souvent imprévisible. La formation des guides (accompagnateur) au Népal étant plus que sommaire, j’essaie de leur faire une formation sur les maux liées à l’altitude mais ils n’en ont rien à faire et le comportement de N.S qui soutient les guides dans leur méconnaissance ne motive guère à ce genre de formation. Je n’en ferai aucune faute de participant. D’ailleurs ils rient dès que j’entreprends quelque chose de différent des autres agences pour améliorer l’organisation. Plusieurs fois, j’entends N.S me dire en riant que je suis blanc de peau et qu’avec cela je ne peux que subir le Népal…

 

La problématique la plus importante que je rencontre au niveau de l’agence est la confrontation des logiques, celle occidentale et népalaise. Je fais donc le tampon, j’arrondis les angles entre ces deux sociétés antagonistes. D.S envoie quelques trekkeurs depuis la France mais passe très peu de temps à la  gestion de l’agence quand il vient au Népal. Il vient surtout au bureau quelques heures pour discuter avec les guides. J’ai l’impression qu’il n’en a rien à faire de cette agence, son but est surtout de faire le guide. Avoir une agence, c’est juste en parler aux autres et avoir un statut pour se grandir. Habitant en France et ayant une agence au Népal, son comportement est de montrer aux guides qu’il a réussi. Il prend des décisions sans même m’en avertir, expulse les guides qui ne lui conviennent pas, montre son autorité. Montrer, c’est le plus important. Ces rapports sont assez curieux pour un occidental qui les perçoit mais ça impressionne le Népalais. A l’observation, je retrouve dans ses comportements toute la culture népalaise de domination et de soumission. Je voulais un autre système de gestion basé sur la confiance, qu’elle soit entre les guides et le bureau et entre l’agence et les trekkeurs. Je travaille avec assiduité dans sa réalisation entre l’agence et les trekkeurs mais elle est difficile à mettre en place avec les népalais. Le mot confiance n’existe pas dans la langue. Je demande des infos à D.S et les réponses sont assez évasives comme s’il voulait me les cacher ou m’induire en erreur. "Moi, je sais ; toi kuiré, tu ne sais rien". Kuiré, c’est le terme péjoratif qui signifie le blanc, l’étranger. Ca fait rire l’assemblée… Sur des questions d’itinéraire, il me répond souvent à côté. Le connaît-il ? Mais il doit dire quelque chose. Je trouve les infos ailleurs. Il est surpris et me dit qu’il me l’avait dit… Rien n’est sûr dans les infos reçues, toujours multiplier par 3, 4 les sources. Je lui indique les itinéraires qu’il ne connaît pas, Manaslu, Dhaulagiri. Et mes informations sont sûres, vérifiées. Côté agence, en saison, N.S travaille avec son autre employeur, D.S aussi auprès du même. Dans les faits, je tiens l’agence avec ma femme R.T qui assure une pré-comptabilité à la roupie près. Dans leurs dires, je ne fais pas grand-chose puisque je ne passe que très peu de temps dans un bureau où il est impossible de travailler.

 

Alors que je suis obligé d’aller accompagner sur un Tour du Dhaulagiri, R.T assurera seule l’accueil et le briefing de trois groupes différents arrivant pratiquement en même temps. Elle ne l’a jamais fait mais parle très bien français. Je lui indique comment faire…  Elle devra s’occuper d’aller voir le comptable pour le bilan annuel ; le boulot de  N.S mais étant pris avec l’autre agence …

 

N.S se marie avec une française et m’annonce qu’il part en France. Il met une secrétaire pour le remplacer, lui qui était déjà le remplaçant de son frère. Une première secrétaire ne fait pas l’affaire, U.M, la seconde, sera choisie…

 

 

(Partie 2 à suivre)

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article
12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 07:29

Pour répondre à vos nombreuses questions, à un certain doute suscité mais aussi à un texte diffamatoire mentionné sur un autre site ...

 

La Compagnie des Guides de Katmandou n’a jamais été et n'est pas, de part ce nom,  une agence au Népal. Le site  (quels qu'ils soient) reprenant ce nom n'est qu'une interface dédiée à une agence. Ce nom a desservi  jusqu’à fin 2011 l'agence franco-népalaise que j'avais créé et conceptualisé au Népal : The Kathmandu Guides Company.Ltd, enregistrée auprès du Ministère du Tourisme et de l’Aviation Civile népalais avec le n°32396.

 

L’agence népalaise The Kathmandou Guides Company.Ltd basée à Katmandou, ouverte en 2004 a été fermée au printemps 2012 par mes soins suite aux nombreuses malversations et tromperies instiguées par les 2 collaborateurs népalais (aujourd’hui habitant en France).

 

Actuellement, www.lacompagniedesguidesdekatmandou.com est tournée vers et se consacre entièrement à une autre agence française au Népal agréée par le ministère du Tourisme népalaise et auprès des diverses organisations rattachées.

Cette interface fonctionne exactement de la même façon (organisation, prix, informations, conseils, ...) qu’elle travaillait avec The Kathmandu Guides Company.ltd.

 

Vous pouvez constater l’originalité du site lacompagniedesguidesdekatmandou.com via le site : http://www.whois.net/  

 

Le Ministère du Tourisme et de l'Aviation Civile népalais a mis en place un site internet permettant de connaître les agences ouvertes au Népal.

 

La Compagnie des Guides de Katmandou ainsi que le sigle CGK et le logo qui va avec sont déposés à L’INPI avec le n° 113859068  le 15 septembre 2011 dans les domaines du voyage, du bagage et du vêtement.. Il s’agit d’une propriété intellectuelle protégée de la contrefaçon. Tout autre utilisation autre que sous sa forme aujourd'hui déclinée en .com est totalement illégale.

 

Une loi népalaise de 2011 interdit la réutilisation entière ou partielle d’un nom d'agence ayant déjà été utilisé. Toute autre agence au Népal ayant actuellement pour nomination The Kathmandu Guides Company (entière ou partielle) est donc illégale.  

 

 

Pour les détails de ce qui est avancé dans ce post, voir :

 

1ère partie : http://lesguidesdekatmandou.over-blog.com/article-histoire-de-l-agence-nepalaise-the-kathmandu-guides-company-de-son-interface-lacompagniedesguidesde-119142992.html

 

2ème partie : http://lesguidesdekatmandou.over-blog.com/article-histoire-de-l-agence-nepalaise-the-kathmandu-guides-company-de-son-interface-lacompagniedesguidesde-119186660.html

 

3ème partie : http://lesguidesdekatmandou.over-blog.com/article-histoire-de-l-agence-nepalaise-the-kathmandu-guides-company-de-son-interface-lacompagniedesguidesde-119265894.html

 

4ème partie : http://lesguidesdekatmandou.over-blog.com/article-histoire-de-l-agence-nepalaise-the-kathmandu-guides-company-de-son-interface-lacompagniedesguidesde-119377802.html

 

5ème partie : http://lesguidesdekatmandou.over-blog.com/article-histoire-de-l-agence-nepalaise-the-kathmandu-guides-company-de-son-interface-lacompagniedesguidesde-119475282.html

 

 

Merci de votre attention .

 

Le Yéti

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article
17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 07:53

Un incendie s'est déclaré dans Thamel ce 16 mai 2013 vers les 22h (heure locale). C'est sur la partie Pilgrim Bookstore, Northfield Restaurant de Thamel que le feu s'est déclenché dans un restaurant suite à une explosion d'une bouteille de gaz. Ce vendredi 17 au matin, le feu n'était pas totalement maîtrisé même avec l'intervention de 200 pompiers venus de Katmandou, Patan et Bhaktapur.

Des dégâts matériels mais, à la vue du lieu très fréquenté, aucun blessé n'est à signaler.

 

Bonne journée

 

Le Yéti

 

 

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 07:55

Il semblerait que le Tibet rouvre ses portes.

 

Un email de notre partenaire tibétain à Lhassa m'annonce que les restrictions, après une réunion du Tibet Tourism Bureau, ont été levées.

 

"We have a good news for this year that Tibet Tourism Bureau just held a meeting regarding the entry group for this year and we have a very good information that there is no limit of the group sizes and did not mention anything about the different nationality rule like last year so we can organize from 1 Pax onwards. The rest of the requirement for the permit is the same like last year including the advanced payment and need to show the original bank receipt to Tibet Tourism Bureau for each group so please go ahead for the preparation of promoting and booking."

 

Kale pe

 

Le Yeti

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 09:12

Pour que ces départs programmé aient lieu, il sera nécessaire d’être un minimum de 3 participants/groupe. Ces trekkings se composent généralement : des transferts aéroport/hôtel/aéroport ; 2 nuits + petits déjeuners à Katmandou ; des transports pour le trekking ; de l'hébergement et des repas en trekking, d'un guide anglophone, de porteurs ; du permis de trekking ; du TIMS.

Les tarifs donnés pourraient être réajustés en fonction des augmentations que nous répercutent les divers prestataires (transporteurs, hôteliers, restaurateurs,…) et des taux de change entre la roupies, le US $ et l’€. Nous vous en tiendrons informés.

Pour plus d'explication, merci de me contacter.

 

10 au 20 février ; 19 au 29 mai ; 17 au 27 novembre : Langtang en lodge pour des groupes constitués de 3 à 8 personnes 530 €/pers

 

17 au 03 mars ; 10 au 24 novembre : Sanctuaire & Balcon des Annapurna en lodge pour des groupes constitués de 3 à 8 personnes 580 €/pers

 

24 février au 08 mars ; 26 mai au 07 juin ; 24 novembre au 06 décembre : Sanctuaire des Annapurna en lodge pour des groupes constitués de 3 à 8 personnes 530 €/pers

 

03 mars au 16 mars : Pike Peak chez l’habitant pour des groupes constitués de 3 à 5 personnes 780 €/pers

 

10 au 26 mars ; 03 au  18 novembre : Langtang Gosainkund en lodge pour des groupes constitués de 3 à 8 personnes 680 €/pers

 

17 au 30 mars ; 05 au 18 mai ; 27 octobre au 09 novembre : Kalapathar Everest Base Camp en lodge pour des groupes constitués de 3 à 8 personnes 965 €/pers

 

24 mars au 10 avril ; 27 avril au 15 mai ; 22 sept au  09 octobre : Tour du Manaslu chez l’habitant pour des groupes constitués de 3 à 5 personnes 825 €/pers

 

31 mars au 12 avril : Culture et Chitwan en hôtel et guesthouse pour des groupes constitués de 3 à 8 pers (prix en cours)

 

07 au 25 avril ; 20 octobre au 06 novembre : Nar Phu chez l’habitant pour des groupes constitués de 3 à 5 personnes 1015 €/pers

 

14 avril au 30 avril ; 29 septembre au 15 octobre : Tour des Annapurna + Lac de Tilicho en lodge pour des groupes constitués de 3 à 8 personnes 810€/pers

 

21 avril au 07 mai ; 06 octobre au 22 octobre : Gokyo Kalapathar Camp de Base Everest en lodge pour des groupes constitués de 3 à 8 personnes 1100 €/pers

 

12 au 26 mai ; 13 au 27 octobre : Tour des Annapurna en lodge pour des groupes constitués de 3 à 8 personnes 730 €/pers

 

02 au 16 juin & du 15 septembre au 02 octobre : Mustang chez l’habitant pour des groupes constitués de 3 à 5 personnes 1490 €/pers

 

25 décembre au 06 janvier 2014 : Fête de fin d’année au Sanctuaire des Annapurna en lodge pour des groupes constitués de 3 à 8 personnes (prix en cours)

 

Bon trek

Le Yeti

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article
25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 07:11

bonne-annee-2013.jpg

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article
23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 08:38

Pour des raisons de sécurité, le Ministère de l'Intérieur népalais a décidé d'interdire le trekking en solo sur le Népal suite aux quelques disparitions.

Décision définitive ou temporaire ??? Je vous tiens au courant.

 

Bon trek

 

Le yeti 

Repost 0
Published by Le Yeti
commenter cet article

Vos envies sont notre passion.

Envie de changer d'air, de prendre de l'altitude ; envie de découvrir et de connaître d'autres civilisations et d'autres cultures ? Vous vous souciez de le faire en accord avec les populations rencontrées...

Envie de rêver d'autres horizons ; envie d’expéditions, de trekkings au Népal ; envie de pratiquer vos activités montagnes préférées en toute sécurité avec un personnel qualifié ? Vous avez besoin d'une organisation française et d'un encadrement professionnels pour découvrir l'Himalaya (Ladakh, Zanskar, Nubra, Rupsu, Tibet) ?

Quelque soit votre niveau, vos attentes, vos rêves, ne vous posez plus ces questions, la Compagnie des Guides de Katmandou vous propose des programmes tout compris ou à la carte.

Découvrez les et partez en bonne Compagnie.

 

logo CGK

 

La Compagnie des Guides de Katmandou

Recherche

Aidez nous à vous aider

Vos questions, nos réponses peuvent intéresser d'autres personnes...
Soumettez-nous les !
himalco@gmail.com

Témoignages & Descriptifs