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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 08:09

Avant propos

      

Si vous allez sur un certain site ou vous lisez quelques posts distillés çà et là ou vous vous fiez à des commentaires issus de ces mêmes personnes,  vous ne tarderez pas à voir apparaître mon prénom accolé ou non à l’agence que j’ai imaginée et conceptualisée en des termes aussi insultants que mensongers.

 

Qui ne me connaît pas peut ainsi voir en moi ou en ce que j’ai fait un voleur, un escroc, un salop, …. Je laisserai la réflexion de chacun faire la part des choses.

 

Je n’ai ni à cacher ma naïveté et mes lacunes dans ce pays aussi complexe, mes faiblesses, mes conceptions du travail, de la création, de la confiance, de la responsabilité, de l’éthique, ni à porter aux nues tout un travail effectué et la priorité que j’ai toujours donnée aux trekkeurs pour prouver ou démontrer les propos fallacieux, diffamants, mensongers par lesquels ils me qualifient. Je mets donc en ligne l‘histoire de cette agence. Tous les faits peuvent être vérifiés et bons nombres étayés par des preuves administratives.

 

 

Du rêve et du travail

 

Octobre 2002, je laisse tout en France, un travail dans l’administration, la famille, les amis, la voiture, le confort, la vallée de Chamonix, les Pyrénées et tout ce qui fait la vie occidentale pour l’Himalaya. Envie de changer de vie. Le travail dans l’administration n’étant pas très créatif, c’est donc plus que motivé que je pars savoir si je suis capable de faire quelque chose. Et pourquoi pas à l’étranger…

 

En tant qu’accompagnateur en montagne et moniteur de parapente, je viens "trekker" en Himalaya depuis 1989 que ce soit au Népal ou en Inde. J’ai étudié le tourisme en montagne dans une école en 1991. Mon projet à développer est de faire une agence d’activités en montagne. J’hésite entre l’Inde (Ladakh) et le Népal. En 2002, quand je quitte la France avec cet objectif, rien n’est décidé ; j’y vais, motivé par un challenge.

 

Les conditions sur le Ladakh ne sont pas réunies pour y vivre et créer quelque chose. J’opte pour le Népal qui semble plus "vivable". Ma première démarche est de m’inscrire à l’université de Katmandou pour apprendre le népalais. Il y a pas mal d’étrangers inscrits mais je suis le seul Français à suivre les cours. Je fais connaissance d’une enseignante française. Arrivant toujours en avance, j’aide les népalais toujours demandeurs dans l’apprentissage du français. Je parle de mon projet à V.G, cette enseignante française. Elle me dit que son ami Népalais D.S est guide et veut également monter une agence. Cela m’intéresse et nous nous rencontrons. Je fais aussi connaissance, mais en dehors de l’université, d’une népalaise R.T. Je rencontre plusieurs fois D.S et discutons. Il me paraît sympathique et semble sérieux. En octobre 2004, je me marie avec R.T que j’ai pu assez bien connaître en 8 mois. J’achète un terrain pour une future maison. Mais pour le moment, il s’agit d’équiper l’appartement dans lequel nous vivons. Pour meubler le temps libre, je rentre dans une ONG locale qui apporte des aides à la population. A travers celle-ci et avec la proximité qu’elle crée, j’apprends en aidant cette société si particulière.

 

La décision de créer une agence est prise. Nous nous réunissons à 4 au Sikuwa, bar restaurant de Jhyata à Katmandou. Nous partageons nos idées. Je propose une série de noms porteurs et nous nous arrêtons sur un : La Compagnie des Guides de Katmandou. D.S me dit que nous ne pourrons pas déclarer un nom français à l’administration népalaise, ce sera donc La Compagnie des Guides de Katmandou pour la communication en France et dans le monde et The Kathmandu Guides Company au Népal. Un autre problème apparaît, en tant qu’étranger, je ne peux rien entreprendre et je n’ai pas assez d’argent pour m’associer directement dans l’entreprise. R.T sera directrice de nom avec D.S et moi gestionnaire bénévole. Cela ne crée aucune contrainte et elle peut continuer ses études à l’université et à l’Alliance Française. D.S s’occupera de l’organisation, de l’accompagnement, des équipes et de l’administratif côté népalais et je m’occuperai de la communication, du marketing, de l’accompagnement et de l’organisation.

 

Pour me remettre en jambes et sortir de la pollution de la ville, je pars faire un Tour des Annapurna avec V.G et une autre professeur à l’Alliance Française. D.S accompagne en même temps sur cet itinéraire un groupe avec une autre agence.

 

D.S trouve un avocat, les statuts sont déposés, les coûts d’ouverture partagés. C’est en assistant au dépôt des statuts que je m’aperçois que seuls les Népalais peuvent vraiment comprendre quelque chose dans leur administration. Ca me gêne un peu de ne pas savoir ce qu’il se dit et se fait. R.T me traduit et m’explique. Le projet est lancé sur les bases énoncées…

 

Le local qui fera office de bureau est trouvé non loin de l’ambassade du Danemark. Je mets en place le concept de l’agence basé sur une éthique, la confiance, l’honnêteté et le professionnalisme. L’éthique et la confiance sont des idées, des concepts qui n’existent pas au Népal. Je n’en trouve aucune trace sur le dictionnaire. Les mots anglais sont utilisés. Ne pas tricher dans les infos et ne pas tromper les personnes pour gagner quelques roupies mais perdre de la crédibilité. Il est nécessaire que les trekkeurs repartent content de la prestation fournie. Faire de la qualité, une qualité occidentale. Je pense à une stratégie de lancement, pas de prêt bancaire, un auto financement et le réinvestissement des bénéfices tant que l’agence n’est pas autonome, pas de flonflon et de brillant typiquement local. Tout doit tourner autour de cette philosophie qui peut évoluer ou se compléter sur certains points. Je demande aussi que tous les guides soient diplômés car beaucoup travaillent sans aucun diplôme. Je souhaite qu’ils soient testés pour leur compétence. D.S m’assure qu’ils sont diplômés et place des membres de sa famille et ses amis. Je n’ai aucun moyen de vérifier la véracité des diplômes ; tout s’achète, se copie dans le pays. Je prépare les photos, les textes de la plaquette qui va soutenir la communication. A ma surprise, et malgré son rôle de directeur et gestionnaire adjoint dans la CGK, D.S continue à travailler pour et dans une autre agence francophone de Katmandou. Il partage la plus grande partie de son temps à l’extérieur de notre agence. Je ne sais pas mais je pense que cette pratique est assez courante, peut être normale au Népal. Plongé dans une autre culture, sans aucune connaissance, je ne dis rien, je n’ai pas d’autre choix si je dois mener ce projet à sa réussite. Je n’aime pas morigéner ; chacun est capable de définir ses priorités et ce qu’il a à faire. Apparemment, ses priorités semblent être ailleurs. Il n’y a pas encore trop de trekkeurs et c’est un travail de base (communication & marketing) qui me concerne pour le moment. Ma femme népalaise me dit qu’elle n’a pas trop confiance en D.S. Je n’en tiens pas compte et je mets ça sur la différence d’ethnie. Je suis engagé dans une voie et je dois la réussir coûte que coûte, j’ai tout laissé en France pour ce projet qui me passionne…

 

Je prépare les textes qui vont être mis dans la  plaquette. D.S  prépare les itinéraires de base de notre programme trekking, je les mets en texte. D.S m’indique la manière de composer les équipes et de calculer le coût. Je suis surpris car les prix des prestataires sont assez hasardeux et ceux que D.S me présente après l’organisation des activités également. Il n’y a rien de défini, de précis, tout est variable. Il est impossible d’avoir un ensemble de prix cohérents, logiques, et il en va de même avec la composition des équipes. Je reprends toute cette organisation pour lui donner un sens. Leur calcul de prix est bizarre mais apparemment ce doit être le lot de toutes les agences népalaises. Je m’attache donc aussi à mettre une cohérence et une logique dans les tarifs et les équipes, un signe à mon avis, de professionnalisme. Quelquefois D.S, quand il n’est pas pris avec l’autre agence, est présent pour constater l’avancement de la plaquette.

 

L’ébauche du document est portée à l’imprimeur qui va la mettre en forme et l’imprimer. Je lui donne mes consignes de confection. La plaquette est imprimée à 500 exemplaires.

 

Le premier groupe arrive. Une dizaine de personnes, la famille et des amis de V.G. D.S étant pris avec l’autre agence me dit que je les accompagnerai. Les conditions sur le circuit sont épouvantables. Une queue de mousson durant 4 jours apporte des quantités d’eau inimaginables. Les éléments se déchaînent et la montagne y répond. Les ruisseaux sont en furie, les glissements de terrain coupent le sentier et la neige au dessus tombe en quantité. Les guides népalais et porteurs sont totalement dépassés par les conditions. Nous progressons et croisons des groupes qui redescendent. Avec une accalmie, le beau temps revenu et au prix de quelques insomnies et de tension nerveuse, le nôtre passe le col à 5400m. Les conditions étaient certes difficiles mais le circuit réalisable en mesurant les dangers. Je repars vers la France avec un lot de plaquettes, une quarantaine que j’expédierai  à mon compte vers divers tours opérateurs.

 

En-montant-a-Yak-Karka.jpg

 Au dessus de Manang, après le passage de la queue de mousson

 

 

Après la plaquette, ce sera la confection d’un site internet. Techniquement, je n’y connais rien. Je dois tout apprendre. Nous ferons donc appel à un désigner pour la technique de la mise en page. Le frère de D.S, N.S, en connaît un. Après une discussion, nous l’employons.

 

Le local de l’agence est à 40 minutes de mon domicile. Il me faut une connexion internet et le bureau n’est pas équipé. Je travaille donc à domicile à partir de 4/5h du matin pour être au calme jusqu'à midi. Je passe à l’agence quand il y a en a besoin dans l’après midi. Je n’ai pas grand-chose à y faire et ça reste plus un moment de détente par rapport au travail à domicile dans lequel je m’investis sans compter. Quand je dis au Népalais que je me lève si tôt pour étudier le HTML, ils en rient. Sortir d’un ordinaire est toujours source de rire.

 

Faute de temps, j’ai arrêté ma participation à l’ONG, mais en marge du travail de l’agence, je continue à apprendre le pays. Je tente de me faire comprendre en népalais dans les commerces, dans la rue. J’observe les comportements, j’essaie de m’intégrer dans cette nouvelle vie même si je sais que c’est impossible. Les cloisonnements culturels sont trop importants. J’essaierai juste d’être discret, respectueux des comportements.  

 

Ne connaissant rien dans le commerce électronique et les sites internet, je m’informe dans les forums et lis beaucoup d’articles concernant la conception d’un site. Je l’imagine, en rédige tous les textes, choisis les photos. Le concepteur met mes idées en page et le résultat est encourageant. Une trentaine de pages au début avec chacune leurs caractéristiques. J’y travaille dessus entre 8 et 10 h/jour à domicile pour avancer au plus vite puis rejoins le bureau du designer à Thamel.  D.S n’y fera que de brèves apparitions pour superviser et donner son aval sur le travail effectuer. J’applique sur le site le concept que j’ai pensé pour l’agence. Je teste le contenu auprès de différentes personnes en France. Le site est mis en ligne début 2006. D’après les informations que je récupère, mettre un site en ligne n’est qu’une étape. Le travail commence après. Et effectivement, il commence vraiment après pour le faire connaître. Un travail en sous texte, invisible mais nécessaire. Durant 5 ans, je m’informerai sur les formes variables de marketing qui s’appliquent sur les sites et modifierai sans cesse pour y coller au plus près. Les heures ne sont plus comptées. Le site augmente rapidement son "PR" à 3 puis à 4 pour se stabiliser à 3, les visites se font de plus en plus nombreuses, les devis à effectuer aussi. Je n’ai plus le temps de penser à autre chose.

 

D.S se marie. Après quelques semaines et sans aucun avis préalable, il m’annonce qu’il quitte le Népal dans 2 jours. Il laisse l’agence à son frère qui fait des études et travaille aussi pour une agence népalaise. Il s’appelle N.S et étudie en master économie. Il passe le diplôme de guide culturel. Apparemment ce diplôme est aussi bon pour faire le guide en montagne. Les domaines d’activités étant assez différents, cela me semble étrange mais tous les guides culturels le font… Il passe de temps en temps le soir 1 ou 2 heures après ses études et son autre travail d’agence au bureau vérifier que tout va bien et entrer quelques sommes (comptabilité) dans l’ordinateur. Comme son frère, du travail intérieur à l’agence, il ne connaît rien et de celui que j’effectue encore moins. A plusieurs reprise, il me dit que le nom du site lui plait pas, que ça ne fait pas agence de trekking. Il veut quelque chose de plus népalais du style Everest Trek & Expedition. ltd. Ce nom avait été étudié, analysé pour des raisons de marketing, proposé et validé et tout mon travail depuis le début porte sur ce nom et dans un concept qu’il véhicule pour se différencier des 800 autres agences que le Népal hébergent. Je ne recommencerai pas tout le travail déjà effectué juste pour son envie sans grand fondement...

 

Le loyer de ce grand bureau étant trop élevé, il est déplacé dans le domicile de D.S et N.S à plus d’une 1h de mon domicile. Ca ne pose pas de problème, la partie de mon travail est faite toujours à domicile où j’ai la connexion internet et un "inverter" pour les coupures de courant de plus en plus fréquentes. L’agence restera dans cet appartement quelques mois avant de s’installer dans un autre à Thamel. Pour ce nouveau bureau placé au second étage, le loyer n’est pas excessif. Je repense l’intérieur pour être fonctionnel et accueillant. Nous lui donnons une allure d’agence, j’apporte la  décoration…

 

Lors d’une réunion des agences françaises à l’Ambassade de France, je rencontre le directeur de l’agence où D.S travaillait et il me dit qu’il n’a jamais eu aucune confiance en lui et que je devrais faire attention. Je minimise son propos…

 

La relation avec N.S est différente. Dès qu’il y a un problème, il me sérine que ce n’est pas son agence, qu’elle est à son frère D.S ; que pour gérer une agence et faire des affaires il faut tricher, tromper pour gagner. Et de tricher, il le fait, avec les prestataires, avec l’imprimeur,... Une conception qu’il applique dans tous les domaines. Avec R.T, nous passons derrière lui récupérer ses coups foireux. Lors de rares rencontres avec les trekkeurs, il bonimente jusqu’à l’exagération afin de les tromper. Je ne veux pas le contredire mais une activité montagne n’est pas un tapis. La beauté d’un paysage n’exclut pas la sécurité et les capacités des pratiquants. Un étranger au Népal ne sait rien mais il croit. Il est dans un exotisme et absorbe tout. De plus, je ne sais pas par quel fait, tout ce qu’un Népalais raconte est pris comme vérité absolue sans même être vérifiée. Ici, tous en jouent. Même ma femme népalaise me le fait remarquer et me demande pourquoi tous les étrangers sont si naïfs. Et je lui parle d’une image colportée, d’exotisme. Il n’y a que l’expérience et le vécu pour rectifier les croyances.

 

Les comportements de N.S sont en opposition totale avec la philosophie d’origine de l’agence. Lorsque je ne suis pas d’accord avec ses arguments, il me dit qu’il peut tout quitter. N’étant pas très présent dans l’agence qui est administrativement à son nom mais n’est pas sienne, cette façon de penser ne me gêne guère ; ce ne sont que des paroles et ça ne change rien à la philosophie et l’éthique du bureau que je maintiens. D’ailleurs qui est qui à l’agence ? Officiellement elle appartient à 50% à R.T, ma femme, qui est de plus en plus présente et maintenant à 50% à N.S qui me répète toujours que ce n’est pas la sienne. Lui, il entre toujours les chiffes sur l’ordinateur, il compose rapidement les équipes encadrantes et établit les budgets alloués à celles-ci.  L’agence est donc à son frère D.S qui est en France et ne participe en rien à sa gestion quotidienne. Je m’occupe toujours de ce qui m’était imparti au départ, c'est-à-dire le concept, la communication, le marketing, l’organisation, l’accompagnement mais aussi de l’accueil, à l’arrivée, au départ à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, des briefings de départs et d’arrivées de trekking, des problèmes routiniers de culture avec les trekkeurs, de courir à la banque, à l’aéroport, à l’hôtel, chez les prestataires, de la gestion du personnel, des prix, de la logique administrative népalaise,… Un trekkeur qui arrive ne perçoit rien et ne peut même pas imaginer ces dessous. Les chambres réservées dans un hôtel et confirmées peuvent soudainement la veille avoir été données à d’autres. Peu importe que le séjour ait été confirmé, il faut courir pour en trouver un autre de même standing et en saison tout est plein. Il leur importe peu de faire quelque chose de bien, le Népalais travaille dans l’instant ; de fidéliser, il n’en à rien à faire. Ce n’est pas de leur faute, rien n’est de leur faute… C’est pareil pour les vols intérieurs qui ne décollent pas parce qu’il n’y a pas assez de monde dans l’avion. Dans ces conditions où le divin est garant de réussite, il est difficile de faire comprendre à un trekkeur qui a payé pour le succès de son projet les ratés d’une organisation imputables à une culture. Des heures, des jours à courir d’un aéroport à un hôtel à un prestataire. 

 

Les fréquentes coupures d’électricité et donner les instructions en anglais à l’hébergeur via le concepteur me posent des problèmes de gestions du site internet. J’en parle au bureau de le mettre en France où ce me sera plus facile même avec le décalage horaire. Il semble qu’il n’en ait rien à faire, ça ne les intéresse pas. M’écoutent-ils seulement ? La chose est décidée entre nous et mise en place. L’hébergeur népalais du site, ami de N.S, me donne les codes d’accès. Le nouveau serveur étant en France, je paierai cet hébergement. Avec le travail effectué, le site envoie de plus en plus de monde (20% en + tous les ans en moyenne). J’essaie d’accompagner quand je le peux mais le bureau ne peut pas tourner seul et je donne tout ce travail d’accompagnement aux équipes népalaises. N.S est pris par l’autre agence, D.S revient au Népal pour travailler avec les groupes de l’agence concurrente. Avec l’arrivée de plus en plus importante des trekkeurs, les problèmes avec le personnel accompagnant sont aussi en augmentation. J’apprends leur fonctionnement souvent imprévisible. La formation des guides (accompagnateur) au Népal étant plus que sommaire, j’essaie de leur faire une formation sur les maux liées à l’altitude mais ils n’en ont rien à faire et le comportement de N.S qui soutient les guides dans leur méconnaissance ne motive guère à ce genre de formation. Je n’en ferai aucune faute de participant. D’ailleurs ils rient dès que j’entreprends quelque chose de différent des autres agences pour améliorer l’organisation. Plusieurs fois, j’entends N.S me dire en riant que je suis blanc de peau et qu’avec cela je ne peux que subir le Népal…

 

La problématique la plus importante que je rencontre au niveau de l’agence est la confrontation des logiques, celle occidentale et népalaise. Je fais donc le tampon, j’arrondis les angles entre ces deux sociétés antagonistes. D.S envoie quelques trekkeurs depuis la France mais passe très peu de temps à la  gestion de l’agence quand il vient au Népal. Il vient surtout au bureau quelques heures pour discuter avec les guides. J’ai l’impression qu’il n’en a rien à faire de cette agence, son but est surtout de faire le guide. Avoir une agence, c’est juste en parler aux autres et avoir un statut pour se grandir. Habitant en France et ayant une agence au Népal, son comportement est de montrer aux guides qu’il a réussi. Il prend des décisions sans même m’en avertir, expulse les guides qui ne lui conviennent pas, montre son autorité. Montrer, c’est le plus important. Ces rapports sont assez curieux pour un occidental qui les perçoit mais ça impressionne le Népalais. A l’observation, je retrouve dans ses comportements toute la culture népalaise de domination et de soumission. Je voulais un autre système de gestion basé sur la confiance, qu’elle soit entre les guides et le bureau et entre l’agence et les trekkeurs. Je travaille avec assiduité dans sa réalisation entre l’agence et les trekkeurs mais elle est difficile à mettre en place avec les népalais. Le mot confiance n’existe pas dans la langue. Je demande des infos à D.S et les réponses sont assez évasives comme s’il voulait me les cacher ou m’induire en erreur. "Moi, je sais ; toi kuiré, tu ne sais rien". Kuiré, c’est le terme péjoratif qui signifie le blanc, l’étranger. Ca fait rire l’assemblée… Sur des questions d’itinéraire, il me répond souvent à côté. Le connaît-il ? Mais il doit dire quelque chose. Je trouve les infos ailleurs. Il est surpris et me dit qu’il me l’avait dit… Rien n’est sûr dans les infos reçues, toujours multiplier par 3, 4 les sources. Je lui indique les itinéraires qu’il ne connaît pas, Manaslu, Dhaulagiri. Et mes informations sont sûres, vérifiées. Côté agence, en saison, N.S travaille avec son autre employeur, D.S aussi auprès du même. Dans les faits, je tiens l’agence avec ma femme R.T qui assure une pré-comptabilité à la roupie près. Dans leurs dires, je ne fais pas grand-chose puisque je ne passe que très peu de temps dans un bureau où il est impossible de travailler.

 

Alors que je suis obligé d’aller accompagner sur un Tour du Dhaulagiri, R.T assurera seule l’accueil et le briefing de trois groupes différents arrivant pratiquement en même temps. Elle ne l’a jamais fait mais parle très bien français. Je lui indique comment faire…  Elle devra s’occuper d’aller voir le comptable pour le bilan annuel ; le boulot de  N.S mais étant pris avec l’autre agence …

 

N.S se marie avec une française et m’annonce qu’il part en France. Il met une secrétaire pour le remplacer, lui qui était déjà le remplaçant de son frère. Une première secrétaire ne fait pas l’affaire, U.M, la seconde, sera choisie…

 

 

(Partie 2 à suivre)

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Published by Le Yeti
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